Quatrième de couverture
Voir s'éteindre, exsangue, la toute jeune accouchée ; assister à l'agonie de son enfant, de son esclave ; partager le chagrin et l'isolement d'une famille en deuil ; éprouver l'horreur devant la décomposition d'un corps qu'on a connu ; calculer pour le fils qui vient de vous naître les probabilités de survie ; supputer les chances qu'on a de laisser derrière soi un " héritier " qui vous succède et qui, surtout, entretienne votre tombe ; imaginer, pour ses morts, pour soi aussi, un autre monde, nécessairement à l'image de celui-ci ; en un mot, regarder les autres, et donc s'imaginer, mourir : voilà ce à quoi invite ce livre. Certes il s'agit de la Rome antique. Mais au total, les choses sont-elles si différentes ? Oui lorsqu'il ne s'agit que de calculs abstraits, d'analyses distanciées ; mais comment ne pas être saisi par l'angoisse, devant ces os blanchis que déterrent les archéologues ou en lisant les épitaphes que des vivants d'alors - morts aujourd'hui, peut-être sans épitaphe - ont fait graver pour dire leur douleur ou leur admiration ? Au total se rappeler, ce qui peut-être est rassurant, ce qu'en tout cas nos sociétés tendent à oublier, que " l'humanité se compose de plus de morts que de vivants ".