Michel Durand (Anglade) est un psychanalyste qui voit sa vie troublée par une de ses patientes Olga Kubler (délicieuse Hélène De Fougerolles), sadomasochiste perverse et kleptomane qui se fait étrangler sur son divan, alors qu'il s'est assoupi (Durand, pas le divan).
Qui est le meurtrier ? Serait ce Michel Durand lui même dans une transe hypnotique ? Comme tout pourrait le laisser penser, le psychanalyste ne révèle pas ce drame et cherche à se débarrasser du corps.
Dans cette aventure délirante, il va croiser tout un petit monde, visiblement dérangé : Max Kubler le mari violent d'Olga, son propre analyste, une sorte de clochard inquiétant, des patients tous plus atteints les uns que les autres.
Alors, Beineix, génie incompris ou réalisateur surfait hier depuis le début ?
Pour ce qui me concerne, ce "Mortel transfert" fait plutôt pencher la balance vers la 2ème hypothèse.
Pourtant, le scénario qui louche vers Lynch ou le Hichkock de "La Maison du Docteur Edwardes" était prometteur.
De même, le parti pris d'un traitement barocco-loufoque n'était pas forcément une mauvaise idée non plus.
Mais les tics habituels de Beineix (esthétisme forcené, réalisation sophistiquée, sens de la dérision) ressortent de manière insupportable, sans que les points positifs (vision surréaliste, mélange des genres humour et récit noir) ne servent utilement de contrepoids. La surenchère grotesque ruine l'équilibre du film et l'ensemble souffre de gros effets, d'une allure souvent clippesque et d'un scénario qui se délite pour s'enfoncer rapidement vers l'ennui et le grand vide maniéré.
Côté technique en revanche, beaucoup de motifs de satisfaction : une image très correcte et précise avec juste quelques petits points d'imperfection, les couleurs sont très bien rendues. Le son est également convenable, dynamique et clair.
Les bonus sont relativement intéressants avec notamment le commentaire audio de Jean-Jacques Beineix et un long making of de près d'une heure.
Si on est fan du cinéma de Beinex, pourquoi pas ?
Mais sans moi.