11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Sismographe post-68, 4 avril 2009
Un film impressionnant à tous points de vue.
3h40 qui balaient l'état plutôt effrayant des m½urs sexuelles et amoureuses de l'après-68. Le jeune Alexandre (J-P Léaud) sort d'une rupture. Oisif mais pauvre, il remplit son emploi du temps en bavardage, avec ses amis, ses connaissances, ses maîtresses et ses ex-maîtresses. Un jour au Café de Flore, il rencontre Veronika, une infirmière...
L'adolescent évanescent, intello et immature, est tiraillé entre Marie "la maman" (Bernadette Lafont) qui le couve et le jalouse, et Veronika, la fausse "putain" (Françoise Lebrun), petit fragment de femme dévasté par le cyclone soixante-huitard, qui choisit ouvertement de se faire baiser par tout le monde mais résumera la substance du film par une tirade finale sur le couple, l'amour et l'enfantement, et qui est un gigantesque moment de cinéma.
Un film qui prend son temps, le temps d'épouser le silence, les dialogues, les soubresauts de l'âme, les dérobades, l'air du temps, les flâneries germanopratines et marivaudages nocturnes... jamais l'ennui ne pointe. Le ton déclamé, troublant de prime abord, ne fait que correspondre à une réplique d'Alexandre : "Le faux, c'est l'au-delà" ; entendre : c'est grâce au faux que peut surgir le vrai, c'est avec le mensonge qu'on fait éclater la vérité. En l'occurrence, la souffrance et la solitude, vérités profondes de la cosmogonie amoureuse, ce qu'ont habilement caché tous les petits idéologues de la prétendue "libération sexuelle".
On attend maintenant la sortie en DVD de ce chef-d'½uvre, l'un des plus beaux films du cinéma français.
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