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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
'Mourir pour le Yuan,
Par Dan Merry "Dan Merry" (London) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mourir pour le Yuan ? : Comment éviter une guerre mondiale (Broché)
Le livre décortique la stratégie de puissance chinoise avec talent. Il trace aussi un parallèle entre la Chine et l'Allemagne qui de par leurs exportations agressives affaiblissent leurs partenaires. Un volet est consacré à l'histoire des relations entre l'empire du milieu et les puissances occidentales. C'est malheureusement un épisode trop souvent "occulté" dans les discours occidentaux, ce qui semble ne pas être le cas en Chine. La dernière partie présente des solutions qui permettront à l'entreprise France de reprendre en main son destin. Ce livre est d'autant utile qu'il aidera les non-économistes à comprendre et interpréter notre actualité qui est des plus chargées.
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28 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Lecture obligatoire de ce remarquable ouvrage salutaire, intelligent, clair, prospectif,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mourir pour le Yuan ? : Comment éviter une guerre mondiale (Broché)
Jean-Michel Quatrepoint est journaliste. Son CV est éloquent : 11 ans au Monde, puis direction de l'Agefi, de La Tribune et du Nouvel Economiste, patron de La Lettre A pendant 15 ans et professeur associé d'économie à l'université de Marne-la-Vallée. Cet homme, que j'invite à découvrir sur vidéo lors de son entretien accordé à l'institut Xerfi, est non seulement intelligent, concis, mais en outre courageux.Car il faut du courage, quand l'analyse est à ce point fine, pour vouloir continuer le combat et ne pas s'arrêter ! "Mourir pour le Yuan - Comment éviter une guerre mondiale" n'est pas un remarquable ouvrage d'économie, de géostratégie à lire une fois ... mais plusieurs fois. Il représente la quintessence, mise en perspective, avec finesse, des meilleurs livres que j'ai lus ces derniers temps - dont les auteurs sont cités - tels que La visée hégémonique de la Chine - L'impérialisme économique d'Antoine Brunet, La démondialisation et La fin de l'eurolibéralisme de Jacques Sapir, De l'euphorie à la panique : penser la crise financière d'André Orléan, Le Vampire du milieu: Comment la Chine nous dicte sa loi de Philippe Cohen, et d'autres auteurs qui partagent l'analyse de fond de la crise comme Jean-Luc Gréau L'avenir du capitalisme et La trahison des économistes ainsi que L'arnaque : La finance au-dessus des lois et des règles de Jean de Maillard sans oublier l'analyse prophétique de Bertrand Renouvin, Le Krach de l'euro. C'est dire si le niveau d'exigence intellectuelle est élevé chez cet auteur. La globalisation des marchés, exacerbée par l'idéologie libre-échangiste qui a régné depuis le début des années 1980 (Reagan, Thatcher, Delors, ...), a libéré celle de la finance internationale qui a obtenu progressivement la capitulation des Etats démocratiques (mort du Glass Steagall Act / qui, pour sortir de la crise de 1929 avait exigé et obtenu la séparation des activités de banque commerciale - qui prête aux entreprises et aux particuliers, recueille leurs rémunérations et leurs placements - de celles de la banque d'investissement - les subprimes, les traders, l'hyper-spéculation monétaire, boursière et offshore, paradis fiscaux et autres "black holes") pour enrichir de manière exponentielle une caste de ploutocrates (les 0,1% des populations des pays encore démocratiques) définit la "globocratie". Cette mondialisation a largement profité à la Chine, grâce à la manipulation monétaire (taux de change fixe du Yuan contre le US Dollar à 50% de sa juste valeur) non négociée par l'Administration Clinton très intéressée (le mot est faible pour décrire un état de corruption avancée) à ce que ce sujet de dumping monétaire institutionnalisé ne soit pas remis en cause lors de l'entrée de la Chine à l'OMC en 2001. Oui, alors, l'auteur a raison d'écrire (il démontre brillamment son propos) que : "Nous avons assisté à une sorte d'alliance contre nature les multinationales, la finance internationale et la Chine." (p.17) La désindustrialisation de nos économies occidentales, à l'exception de cette Chine de l'Europe, en stratégie mercantiliste, qu'est l'Allemagne, est le prix que nous payons de plus en plus chèrement, qui alimente les déficits de la balance des paiements et donc (dette privée devenant dette publique, baisse des recettes fiscales, hausse des prestations sociales, ...) notre dépendance. Nous sommes devenus des drogués de la Chine (p.116). La Chine ne prend même plus le temps de sa revanche historique, de cette époque où les pays de l'Occident (Royaume Uni, Etats-Unis, France, mais aussi de l'Orient, le Japon) la spolièrent de son rang de première économie mondiale au 19° siècle avec le fer de lance de l'opium : nous vivons aujourd'hui une colonisation à rebours. Colonisation non militaire à ce jour, uniquement civile avec 5,3 millions de Chinois composant une diaspora mondial efficace et patriotique : en moins de 10 ans il y a eu plus de Chinois s'installant en Afrique que d'Européens pendant tous les siècles de la colonisation. J'ai apprécié l'humour de Jean-Michel Quatrepoint expliquant que le meilleur allié de la Chine, contre les intérêts nationaux des Etats-Unis, fut Oussama Ben Laden. Les Etats-Unis se dispersèrent dans des guerres sans cause en Irak puis en Afghanistan, dépensèrent plus de 1.000 milliards de dollars, s'affranchirent de toute préoccupation économique, accélérèrent l'endettement privé pour compenser la baisse des revenus de ses citoyens, bernés par l'illusion de création de richesse provoquée par les bulles boursières et immobilières : ce fut la première crise de 2007 des subprimes. C'est celle d'aujourd'hui dont nous ne sommes qu'à la préface avec tous ces CDS (Credit Default Swaps) qui multiplient par un facteur inconnu du grand public (5, 10, plus ?) le montant de l'exposition des banques françaises (par exemple) à la défaillance de la dette grecque. La France dans cet océan de misères a été le jouet de ses élites politiques et financières qui l'ont méprisée. Etre français ? Quelle tare ! La France se diluait dans l'Europe. Ne plus être français, être européen, en abandonnant notre industrie, en capitulant sur toutes les nécessaires protections de notre économie, en refusant la réglementation (et non cette mascarade de "régulation" - un viol est un viol, même si, dans le cas d'une régulation, le violeur s'était préalablement parfumé pour sentir bon; le crime est commis) du secteur bancaire. Nos élites ont condamné, à l'image d'un Serge Tchuruk, cité dans l'ouvrage, qui prôna un Alcatel sans usine ("fabless" - cela fait plus complexe quand le mot est lâché en anglais) devenu revendeur de produits chinois. Arrêtons le massacre de notre industrie. Arrêtons notre défaitisme. Relevons les défis politiques posés aujourd'hui. Comme le décrit Jacques Sapir, Jean-Michel Quatrepoint insiste sur l'opportunité de changer les règles que nous offre cette crise. Ne subissons plus même si les efforts nous seront demandés. Qu'ils le soient dans une vraie perspective libératrice ! Nous renouerons alors avec l'esprit de la Résistance. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Excellent ouvrage de vulgarisation économique,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mourir pour le Yuan ? : Comment éviter une guerre mondiale (Broché)
Alors qu'en Occident, les multinationales par l'intermédiaire de leurs lobbys contrôlent le pouvoir politique par le biais de l'économie, en Chine, les nouveaux communistes-capitalistes entendent que le politique continue de contrôler l'économique. Voulant prendre sa revanche sur les humiliations subies pendant les guerres de l'opium, la Chine qui est maintenant bien réveillée, s'est transformée en « usine du monde » et s'est lancée dans une politique mercantiliste agressive proposant de la main d'oeuvre abondante et bon marché en échange d'investissements massifs sur son sol et de transferts systématiques de technologies en sa faveur. « Un système où des esclaves fabriquent des produits vendus à des chômeurs. » La Chine ne prend que ce qui l'intéresse dans les traités qu'elle signe et bafoue le reste (réforme démocratique, réévaluation du yuan, non respect des normes environnementales). Elle accumule des monceaux de dollars. En 2000, son trésor de guerre s'élevait à 200 milliards de dollars. En 2011, il est passé à 3050 milliards non comptés les 130 milliards d'excédents de Hong Kong. Et pendant ce temps, en Occident, c'est le chômage de masse, les délocalisations à n'en plus finir, les déficits abyssaux, un endettement record aux Etats-Unis et une crise économique d'une telle ampleur que cela tourne au cauchemar pour les classes moyennes qui sont, lentement mais sûrement, laminées et paupérisées...Cet excellent ouvrage de vulgarisation économique permet de bien comprendre la genèse de la situation actuelle, les erreurs de l'Occident en général et de l'Europe en particulier. La stratégie d'un pays comme la Chine qui s'enrichit et qui mène une véritable guerre de conquête économique du monde entier est particulièrement bien décrite. Achat de fleurons de l'industrie du luxe comme Dupont, Lanvin ou Cerruti, d'infrastructures aussi importantes que le port du Pirée ou qu'une ancienne base de l'OTAN près de Chateauroux, grands travaux en Afrique, etc. En dix ans, il est arrivé plus de Chinois en Afrique que d'Européens en 400 années de colonisation. Le lecteur découvrira également le rôle de l'Allemagne, seul état d'Europe à profiter de cette globalisation, tentée de jouer cavalier seul et de prospérer grâce à des méthodes semblables au géant chinois. Devant un avenir des plus sombres, Quatrepoint propose cependant des solutions : relocalisation et réindustrialisation, mesures de protection aux frontières de l'espace européen, réduction des gaspillages, taxation des multinationales (Ni Total, ni Danone ne paient d'impôts en France et la plupart des sociétés du CAC40 ne sont taxées qu'à 8% maximum !), taxe carbone aux frontières de l'Europe, taxation des mouvements de capitaux et financement de la dette par l'épargne des Français et non par la spéculation internationale. Un ensemble de mesures de bon sens qui n'intéressent malheureusement que fort peu de politiciens. Un livre à faire lire par tous les chefs d'Etat et aspirants présidents d'Occident... Pour éviter que cette « seconde globalisation ne connaisse le même sort que la première, qui s'est fracassée un jour d'août 14. » Tout est clair dans ce livre très agréable à lire, bien documenté, argumenté et très accessible, même à un béotien de l'économie qui veut s'informer sérieusement. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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