Marie de Hennezel, titulaire d'un DESS de psychologie clinique et d'un DEA de psychanalyse, a travaillé pendant dix ans dans la première unité de soins palliatifs en France. De cette expérience intime avec les malades en fin de vie, Marie de Hennezel a nourri une réflexion très profonde sur le sens de la mort dans nos sociétés, la peur de mourir, le sens de notre vie. François Mitterrand rédigea son dernier texte en préfaçant le sublime ouvrage "
La mort intime : Ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre" qui a inspiré un très beau film "
C'est la vie" interprété par Jacques Dutronc.
L'ivre Libre m'avait conseillé la lecture de "Mourir les yeux ouverts". Je l'en remercie chaleureusement.
A travers l'expérience de la mort et donc du combat de vie de son ami Yvan Amar contre une maladie incurable, combat de plusieurs années, seul et en couple, avec ses amis, l'auteur nous fait sentir les limites de nos habitudes de pensée sur la mort. La crainte de l'avilissement, de la disparition anonyme dans une salle de réanimation (cf. "
Histoires incroyables d'un anesthésiste-réanimateur") nous émeuvent naturellement au plus profond de notre être.
Comment passer outre ce malaise ? comment le combattre ? comment accepter notre inéluctable mort en vivant la vie en pleine conscience ?
Nous sommes bien sur le terrain de la spiritualité, de l'humain.
"La mort est dans la vie, la vie aidant la mort
La vie est dans la mort, la mort aidant la vie"
Méditer ces vers de Prévert, inspirés de Kierkegaard ("Penser la mort, c'est penser la vie"), que nous propose Marie de Hennezel est une clef de notre bonheur.
Le secret de ce bonheur à vivre dans l'instant est simple. Yvan Amar l'avait révélé :
"Etre vivant, devenir vivant, entrer vivant dans la mort, c'est-à-dire apprécier la vie, vivre chaque instant le plus consciemment possible, oser la rencontre, assumer ses responsabilités, avancer avec confiance, cultiver sa joie." (p.71).
En conclusion, Yvan Amar nous décoche ce trait de vie :
"Prenez le risque magnifique de sentir que, si vous êtes là, c'est parce que la vie a sacrément confiance en vous. Ce n'est pas à vous de faire confiance à la vie. Si vous êtes là, c'est la preuve que la vie vous aime, que la vie a confiance en vous et que la vie a besoin de vous." (p.99)