Premier album de New Order, qui a la lourde tâche de succéder au légendaire Joy Division,
Movement est grandement attendu par la critique et les fans du groupe de Ian Curtis, disparu un an plus tôt.
Pièce
cold wave par excellence sur laquelle plane inlassablement l’âme du jeune défunt,
Movement et son allure de célébration funèbre n’est pas sans rappeler l’album
Faith de The Cure. Contrairement à son titre, il semble arrêter le temps. Ce soleil obscur est encore gorgé du son Joy Division. Barney Sumner, désormais au chant, donne tout juste l’impression de remplacer Ian Curtis de façon temporaire. Le son New Order n’est pas encore là, il faut donc voir cet album comme celui de la transition et de l’adieu.
Les titres s’enchaînent dans une beauté froide, la présence de Gillian Gilbert (compagne du batteur) agrémente les morceaux de synthés (marquant l’opposition au son Joy Division). Les paroles, écrites majoritairement par Sumner, et parfois par le reste du groupe, relate la douleur, la tristesse et l’incompréhension : « J’ai cherché à le comprendre, j’ai essayé si fort » (
« Denial ») ou « Parfois les rêves sont meilleurs, une chose à retenir, crois que tous ces changements, me laissent seul » (
« Chosen Time »).
Aucune pièce de
Movement n’a pas sa place : le disque a le mérite d’être bon du début jusqu’à la fin.
« Dreams Never End » ouvre le bal avec ses percussions nerveuses et un jeu de cordes parfait.
« Truth » a un son presque électro et ce rythme étrange soutenu par une guitare douloureuse préfigure les morceaux torturés et sombres à venir comme le magnifique
« The Him » qui alterne silences nerveux et déchaînements de percussions rageurs.
« Denial » clotûre l’opus sur un deuil encore trop palpable, mais qui donne à
Movement une puissance somptueuse et le droit d’enter au panthéon des meilleurs disques de la décennie 1980. Un chef-d’œuvre que tout amateur de cold wave se doit de posséder dans sa discothèque.
Carole Le Bras - Copyright 2012 Music Story