L'écriture est tout ce qu'il y a de plus mozartienne, faussement innocente et galante, mais révélant de façon indicible la profondeur d'âme que le génial compositeur autrichien a inscrit dans ses compositions.
Le menuet du Quintette en ut majeur KV 515 m'a bouleversé dès la première écoute. Je pense que la tonalité y est pour beaucoup. J'y retrouve surtout cette profonde mélancolie que la fausse insouciance d'une danse comme le menuet n'arrive pas à dissimuler.
Le moment qui m'emporte le plus est celui qui demeure le plus significatif du mystère mozartien quand, au minutage 2':17'' (entre l'indice minutage 138" et 147" du lecteur Dew Player ci-dessous, soit 9"...), surgit un thème d'une légèreté, d'une élégance excises, sur seulement quelques mesures, pour rapidement s'évanouir dans la reprise du thème circulaire du menuet. Ce thème ponctue alors régulièrement la progression du menuet, un peu comme une sorte de jalon. Mozart annonce alors une particularité de l'écriture pour musique de chambre de Franz Schubert, un déroulement du mouvement qui tend vers une forme de résolution, qui demeure toujours suggérée, mais qui, en fait, ne se produit jamais. Sublime. Je pense que l'interprétation du Melos Quartett, d'une musicalité et sensibilité rares, y est pour beaucoup.