Je suis un peu surpris d'être ici le premier à dire quelque chose de ce disque, enregistré (live, en 2005) par l'un des deux ou trois pianistes vivants les plus célèbres et les plus fêtés. Autant le dire tout de suite, il ne contient que d'excellentes surprises. D'abord je dois dire que Pollini dirige depuis le piano un Philharmonique de Vienne de toute beauté; il arrive que des chefs connus ne tirent de cette phalange qu'une ennuyeuse routine (vous voulez des noms?) ; rien de tel ici. Ensuite, Pollini a réussi là ce que je crois être un de ses meilleurs disques récents, plus spontané, plus ensoleillé que d'autres. Le final du 17e Concerto est même carrément déluré (le monde de l'opéra n'est pas loin, celui de Figaro et des ensembles éblouissants que Mozart savait écrire), ce qu'on attendait pas vraiment d'un artiste aussi foncièrement sérieux. Comme dans son plus ancien 4e Concerto de Beethoven avec Böhm, Pollini nous sort son magnifique jeu appolinien des grands jours, remarqublement capté qui plus est. Attendons la suite.