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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Les derniers rendez-vous mozartiens de Clifford Curzon,
Par Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (COMMENTATEUR N° 1)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart : Concertos pour piano nos 20, 23, 24, 26 et 27 (CD)
Clifford Curzon (1907-1982) demeure un des plus grands mozartiens du XX° Siècle, se montrant presque toujours insatisfait de ses séances d'enregistrement (qu'il considérait comme des « rendez-vous avec la postérité ») et les actualisant tout au long de sa carrière.Sa discographie compte ainsi quatre moutures successives du 23° Concerto, la première accompagnée par Boyd Neel en 1945. Fin 1967, quatre Concertos furent gravés au Kingsway Hall sous la baguette d'Istvan Kertesez, dont trois figurent sur le présent album. Remarquable interprète des Symphonies (avec les Wiener Philharmoniker, pour Decca), le maestro hongrois s'ingénie à faire saillir des détails instrumentaux qui relancent l'activité dramatique de ces opus : notez la cambrure des violoncelles gainant le Finale du K.488, où basson et flûte s'insinuent comme des personnages de théâtre. Et ce rehaut de cors pour conclure : magistral. Et dans l'Allegro du tragique K.491 (à 10'49) : cette vertigineuse irruption des violons en trémolo qui paroxysmise la tension ! Pour le « Krönungskonzert », l'apparat du London Symphony ne distrait pas le soliste qui tempère une troublante intériorité : inhabituelle approche qu'on écoute avec intérêt. Un K.595 fut aussi gravé par la même équipe mais le CD 1 propose la version postérieurement dirigée par Benjamin Britten : lui et Curzon se connaissaient depuis une trentaine d'années quand ils enregistrèrent les Concertos 20 et 27 au Festival d'Aldeburgh en septembre 1970, et cette complicité artistique se ressent à l'idéale fusion du clavier et de l'orchestre. Dès l'introduction frémissante du K.466, l'on saisit avec quel imaginaire démiurgique le compositeur anglais compte aborder son Mozart. L'élégante poésie qu'il insuffle à la Romance, la nourrissant d'un esprit quasiment chambriste, l'élan quasi-opératique qui balaie le Finale révèlent le génie d'un créateur et non d'un simple accompagnateur. Amplement spatialisé dans l'excellente acoustique du Snape Maltings Concert Hall, les musiciens de l'English Chamber expriment la richesse de cet univers enchanteur par une sonorité gorgée de sève. L'interprétation de l'ultime K.595 bénéficie de la même inspiration, atteignant une grâce lumineuse sans une once de mondanité. Si étonnant que cela paraisse au regard du miracle musical auquel nous assistons, le pianiste londonien n'était pas totalement satisfait de sa prestation, et ne consentit à la publication du disque qu'avec l'assurance de pouvoir le refaire avec Bernard Haitink et le Concertgebouworkest d'Amsterdam. La disparition de Curzon en 1982 empêcha hélas la réalisation de ce projet si prometteur. A entendre la finesse de son jeu, qui se traduit par une prosodie à la fois perlée et limpide, et par une palette aussi brillante que subtilement dégradée, l'on sera certain que la modestie n'avaient d'égal que son perfectionniste talent. Le cynégétique Finale de cet ultime Concerto devient ici comme l'escarpolette d'un ballet féerique... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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