De nombreuses intégrales des symphonies de Mozart existent depuis longtemps. Parmi les clients de ces intégrales, on trouve traditionnellement les auditeurs bercés par Deutsch grammophon et la grande tradition incanée par Karajan ou Bohm, ceux qui ne jurent plus que par les instruments d'époque et les interprétations dites historiques, et enfin ceux qui essaient de faire la part des choses.
En ce qui concerne les instruments modernes et le clacissisme, j'ai longtemps beaucoup aimé les symphonies par Karl Bohm; toutefois, je les trouve désormais un peu compassées, trop intellectualisées et moins destinées à transmettre des émotions vives et à fleur de peau, comme il était dans le tempérament des hommes de cette époque, qu'à réaliser une quête de perfection sonore avec un orchestre philarmonique ressemblant à une limousine ronflante et rassurante.
Sur instruments d'époque, j'ai eu du mal à apprécier l'intégrale de Chriustopher Hogwood, que j'adore par ailleurs dans d'autres oeuvres historiques, en particuliers chez Haendel. Un peu trop de verdeur, des pupitres pas toujours très justes, etc. Harnoncourt quand à lui réussit beaucoup mieux chez Haydn qu'il revitalise; chez Mozart sa brusquerie a quelque peu de mal à passer selon moi.
Enfin, j'ai opté pour Trevor Pinnock, dont le velouté de l'English Chamber fait merveille puisqu'il joue sur instruments d'époque sans offenser les oreilles habituées à quelque chose de plus classique. Cette intégrale, réalisée dans les années 90 est absolument à la page et n'a pas pris une ride. Les tempi sont alertes, le dynamisme toujours présent, le pathos sait être dramatique quand il le faut, la joie de vivre survole l'oeuvre. La célébrissime "Jupiter" est grandiose.
Cette reparution à pris raisonnable mettra tout le monde d'accord je pense, et bien loin d'être une version "neutre", elle est au contraire vivifiante et tout simplement très belle.