La discographie présente de très nombreuses versions de cette célèbrissime messe de Mozart.
A côté des références absolues que sont Fricsay avec Maria Stader, Bernstein , Gardiner et le Monteverdi Choir, cette messe "française" paraîtrait au premier abord bien "petite".
En fait, pour paraphraser un proverbe turc, comme une graine d'épice, il faut s'aventurer à la goûter, et malgré sa petitesse, découvrir à quel point elle a du sentiment.....
Oui cette messe avec le concert d'Astrée sous la direction de Louis Langrée enregistrée en l'église Notre Dame du Liban de Paris en 2006 (sans Emmanuelle Haim)est une messe de force, de courage, d'énergie, de sentiments bruts.
Faut-il y voir l'apport de Nathalie Dessay qui y aurait insufflé sa "façon"? Le fait est là, l'alchimie se produit, et à côté d'une lecture qui en devient presque académique (FRICSAY), cette version est profondément humaine. Le Kyrie, pardon de l'écrire ainsi, prend réellement aux tripes tant sa dimension tragique est exaltée. Le Gloria et le Credo sont très majestueux, presque cinglants, avec une hauteur de vue impressionnante qui dérange. Le vrai choc est la masse musicale conférée au "cum santo spiritu" dans une vision presque romantique, en tous cas fortement excessive, voir animale. On est proche de certaines approches franchement lyriques de Nathalie Dessay dans ses interprétations.
A côté d'elle Véronique Gens est excellente, même si la proximité de N. dessay amène la comparaison. Le tenor Toni Lehtipuu et Luca Pisaroni basse, font des interventions parfaites, bien dans l'esprit de cette interprétation décidément très française dans ses fulgurances. C'est presque comme si on lisait la messe de Mozart avec les repères de la symphonie fantastique.
Pour moi une superbe version, qui redynamise une discographie de l'oeuvre un peu plate en comparaison.