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3.0 étoiles sur 5
Riche portrait, 15 décembre 2008
Un tel récital est idéal pour mettre en valeur les qualités et les défauts d'une soliste. Les atouts de Diana Damrau sont nombreux : une voix corsée, à l'évidence charismatique avec un appétit vocal certain. Mais aussi de la gourmandise excessive : proposer des rôles très différents d'un même opéra (la Comtesse et Susanna dans les Noces ; Donna Anna et Donna Elvira dans Don Giovanni) est un pari risqué, tant les qualités requises sont opposées. Evidemment, elle s'en tire avec les honneurs mais, force est de constater que sa voix manque de profondeur dans les rôles sus-cités (Susanna, dans une moindre mesure). Elle a la prestance, mais une voix encore trop aiguë pour s'y mesurer (Anna devrait bientôt être à sa portée). Doit-on se plaindre que tout soit si bien chanté ? Non, mais pas assez vécu ! A nouveau, Vitellia souffre des mêmes insuffisances. Même Pamina n'atteint pas les sommets de sa mythique Reine de la Nuit. Mais les deux airs de concert, les rôles de Mitridate, de la Finta Simplice mais aussi de l'enlèvement au Sérail sont magnifiquement maîtrisés sous tous les angles. Sa Constanze pourrait même être d'anthologie et sa Blonde est d'une fraîcheur et d'une mutinerie indubitables.
Jérémie Rhorer accompagne une nouvelle fois la soliste avec une belle santé et une énergie incontestable. Avec une certaine raideur aussi. Certaines attaques apparaissent bien brutales, certains accords martelés. Il faut reconnaître que la prise de son très sèche joue en sa défaveur. Mais il faut reconnaître que les solistes instrumentaux sont de première qualité. En somme, un beau disque mais en deçà de la précédente réalisation de la même équipe.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Une certaine déception, 18 avril 2009
Tout cela est bien chanté mais ne captive pas totalement. L'émotion n'est pas tout à fait au rendez-vous, hormis sur quelques airs. Il s'ensuit que l'écoute de la totalité du programme finit par être lassante, bien que ce soit un répertoire que j'apprécie généralement. Dommage également que l'orchestre sonne parfois aussi platement, sans grande conviction. A sa décharge, il est plutôt desservi par une prise de son assez médiocre, qui étouffe un peu la respiration naturelle des instruments. Au final, cela donne l'impression d'un exercice un peu convenu, certes pas désagréable à écouter, mais qui ne produit pas le plaisir auquel on aurait pu s'attendre.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Une grande diva, mais pour tous les Mozart... ?, 2 mai 2010
C'est en 2009 que la soprano colorature allemande Diana damrau, accompagnée du chef français Jérémie Rhorer et du Cercle de l'Harmonie - spécialistes de Mozart, Haydn, et de la musique française jusqu'au Premier Empire - sortaient cet album chez VIRGIN CLASSICS.
Incontestablement, la voix de Damrau est superbe, sa tessiture exceptionnelle, avec des aigus souvent stupéfiants, tenant la note avec facilité et agilité. On se souvient de sa Reine de la Nuit dans "La Flûte Enchantée" - morceau de bravoure qui contribua grandement à la rendre si célèbre.
Mais, il faut dire que si, pour l'aria extrait de "Mitridate" (par exemple), il n'y a aucun problème, est-elle une Pamina vraiment convaincante (voir le "Ah ! ich fûhls...") ? Plus nettement encore, son registre vocal correspond-il au rôle de la Comtesse des "Noces de Figaro" (voir le "Dove sono...") ? N'y a-t il pas un peu de Suzanna dans cette Comtesse, alors que l'incarnation de la première ne pose aucun problème (fraîcheur de la voix, rôle épousé avec une grande précision)... ?
Peut-on vraiment incarner - dans un récital, en studio - des interprétations aussi différentes que Blonde (lyrique, légère, parfaite) et Constanze (beaucoup plus dramatique), dans "L'Enlèvement au Sérail" ? Le célèbre "Mattern aller Arten...", malgré le poids qu'essaie de donner la cantatrice, ne semble pas à la hauteur du rôle - sur le plan du registre vocal et dramatique. Peut-on, de même, incarner à la fois Donna Anna et Donna Elvira du "Don Giovanni" ? Le "Non mi dir..." n'est pas l'équivalent du "Mi tradi..."...
Peut-être plus adaptée dans les airs de Vitellia de "La Clémence de Titus", ainsi que dans les Airs de Concert, Diana Damrau nous donne cependant une certaine carte postale mozartienne intéressante, même si l'on peut douter de ses possibilités (actuelles) à interpréter tous ces rôles sur scène.
Cela dit, cette diva fait partie des très grandes cantatrices de la galaxie lyrique d'aujourd'hui, et, avec un Jérémie Rhorer et un cercle de l'Harmonie très présents (voir les plages 9, 15, et 18 - notamment), elle nous donne 72 minutes de Mozart d'un haut niveau, ce qui n'est déjà pas si mal...
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