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12 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Deux corpus essentiels dans une interprétation de grande classe,
Par Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart : Quatuors dédiés à Haydn et Quintettes à cordes (CD)
Ce coffret regroupe deux cycles Mozart inscrits comme essentiels dans l'histoire de la musique de chambre : le cycle des 6 quatuors dédiés à Haydn, et les 6 quintettes à cordes, captés dans les années 70 par le Juilliard String Quartet (Robert Mann et Earl Carlyss aux violons, Samuel Rhodes à l'alto, Joel Krosnick au violoncelle).En 1781 à Vienne, Haydn rencontre Mozart, avec qui il partage ses 6 quatuors op.33. Impressionné, Mozart décide alors de s'en inspirer pour se lancer dans un nouveau cycle en hommage à son ami et mentor. Une décennie après son précédent cycle, il compose donc ces 6 quatuors entre 1782 et 1785, formant un réel corpus qu'il dédie respectueusement à Haydn. Si la parenté avec le cycle de son illustre aîné est évidente, Mozart y porte cependant le genre du quatuor à cordes plus loin qu'aucun autre avant lui, révisant le style et la forme, mêlant contrepoint baroque et style classique, instaurant un réel équilibe entre les quatre instruments, préfigurant Beethoven et Schubert. Une discours musical plus inventif, plus riche, plus dense, plus dramatiquement complexe aussi, avec une innovation sonore empreinte à la fois de limpidité et de maturité; c'est un Mozart moins immédiat, plus cérébral et plus intime, qui se découvre dans ces oeuvres à la genèse inhabituellement difficile pour le grand Wolfgang Amadeus (en ce qui concerne les 3 premiers quatuors du moins). Il provoquera en outre l'admiration éperdue de son mentor, qui aura pour l'occasion envers Léopold Mozart cette déclaration restée célèbre qui tient son fils comme le plus grand compositeur connu. Les 3 premiers cds de ce coffret reprennent donc ce cycle : les Quatuors à cordes n°14 en sol majeur K.387 "Printemps", n°15 en ré mineur K.421 (417b), n°16 en mi bémol majeur K.428 (421b), n°17 en si bémol majeur K.458 "La Chasse", n°18 en la majeur K.464, et n°19 en ut majeur K.465 "Les Dissonances". (En complément, le Quatuor en ré mineur Op.103 de Haydn, inachevé, avec seulement les deux premiers mouvements Andante et Menuet). Les Juilliard nous proposent une lecture très travaillée, énergique mais solennelle, fouillant remarquablement les textures sonores, dans une démarche à la fois lumineuse et violente, d'une remarquable intensité (qui ne le cède qu'aux Berg). Parmi les chefs d'oeuvres de l'histoire de la musique de chambre pour cordes, Mozart aura livré un autre sommet absolu avec ses six Quintettes : Quintette en si bémol majeur K.174, en ut mineur K.406 (516b), en mi bémol majeur K.614, en ut majeur K.515, en sol mineur K.516, et en ré majeur K.593. Avant Mozart, le genre encore récent du quintette à cordes n'avait guère connu les faveurs des compositeurs, en dehors des réalisations de Boccherini ou de Michel Haydn (le frère cadet de Joseph, dont l'influence poussera sans doute Mozart à utiliser dans ses quintettes un second alto plutôt qu'un second violoncelle). Ces six oeuvres se montrent de nature et d'inspiration très diverses, reflétant la longue période de composition qu'elles recouvrent, du premier Quintette K.174 écrit à partir de 1773 jusqu'au Quintette K.614 écrit près de vingt ans plus tard. Ici encore, Mozart va établir les critères quasi définitifs du genre; par la suite seuls quelques autres atteindront un tel niveau de qualité dans cette forme relativement peu défendue (citons le quintette de Schubert bien sûr, les deux quintettes de Brahms, ainsi que le quintette de Bruckner). Dans ce corpus très varié, naviguant tantôt vers l'ombre et tantôt vers la lumière, les Juilliard font une nouvelle fois preuve de grande classe, avec des sonorités puissantes, une rigueur architecturale et un sens dramatique remarquables, dans une vision analytique et limpide. En complément, le superbe Quintette avec clarinette en la majeur K.581, une association innovante restée unique dans la production de Mozart, dans une captation de 1968 où des archets des Juilliard se mêlent au Marlboro Ensemble (Harold Wright à la clarinette, Alexander Schneider et Isidore Cohen aux violons, Samuel Rhodes à l'alto et Leslie Parnas au violoncelle). Un somme mozartienne, qui figure en bonne place dans une discographie bien fournie (surtout en ce qui concerne les quatuors), même si elle ne dispense toutefois pas des incontournables Berg (version Teldec, à mon sens indétrônable) ou autres Italiano (surtout pour l'intégrale), ou encore des Amadeus (pour les quintettes à cordes). Quoiqu'il en soit, à ce prix-là, c'est une affaire dont il serait vraiment dommage de ne pas profiter. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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