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5.0 étoiles sur 5
Marriner - McNair, l'émotion de Mozart pleine et inaltérée, 12 juin 2009
Cette performance est IMO la meilleure actuellement disponible du Requiem K626. Marriner & ASMF, et son chef (et fondateur) de ch½urs Laszlo Heltay partagent la même exigence de précision et de fidélité à la partition (j'ai eu le bonheur de chanter sous LH, extrêmement exigeant en précision et pureté, extrêmement doux et aimable en même temps) ; il n'y a pas de "style Marriner", ils ne font que du pur Mozart, "sans sucre ajouté" ; rien de changé ou d'ajouté - rien de retiré non plus : toute l'émotion originale est là, avec toute la puissance, le relief et la violence le cas échéant (Dies Iræ, Rex), mais pas plus ; mêmes exactitude, puissance et pondération pour la tristesse (Lacrimosa), la douceur (Benedictus), et le reste. Au passage, bravo d'avoir précisé (comme dans la partition DME Mozarteum) que le Benedictus est de Süßmayr.
La pure et radieuse Sylvia McNair est sans doute la meilleure pour cette très belle partition de soprano (Introït, Recordare, Benedictus), mais les 3 autres solistes aussi sont excellents (et renommés), ainsi que l'ensemble orchestral et le ch½ur, qui ont une particulière importance ici, et plus encore, l'articulation du tout, parfaitement homogène, d'une grande qualité d'un bout à l'autre. En bref, une homogénéité et une pondération rares.
J'ajoute que le CD (acheté sur amazon.com) contient un livret avec le texte complet (Latin et Anglais face à face, chacun vers par vers), de grandes et bonnes photos bien choisies des 4 solistes et de Sir Neville Marriner, et une introduction plutôt bien faite (en Anglais seulement, mais ça vaut mieux que 10 traductions médiocres et raccourcies, même pour ceux qui comme moi n'ont jamais appris l'Anglais à l'école), qui certes tombe dans l'habituel dénigrement de Süßmayr (énumérant judicieusement les autres remplacements de Mozart proposés depuis - mais sans remarquer qu'aucun, aussi critique soit-il, n'a jamais réussi à faire mieux que Süßmayr), mais donne nombre de précisions et réflexions intéressantes (p.ex. seules 3 des ½uvres liturgiques furent composées à Vienne, K427 Messe en Do min, K618 Ave Verum, K626 Requiem, toutes 3 de toute beauté, dont les 2 principales sont restées inachevées). Je précise que d'essayer de remplacer Mozart par encore mieux, si ça paraît prétentieux, a effectivement été fait dans la
Grande Messe en ut mineur K427, Gardiner, McNair (sur juste quelques mesures, et en perfectionnant de nombreux essais par d'autres, mais c'est déjà assez remarquable).
Versailles, Fri 12 Jun 2009 14:52:00 +0200, édité 15:34
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