Je suis assez d'accord avec un internaute pour comparer ce disque avec le premier Van Halen. Il y a en effet un petit air de famille entre les deux groupes, un vent de fraicheur salutaire au pays quelques fois un peu poussièreux du heavy metal.
Pourtant si VH est le fils spirituel de Deep Purple, la grandiloquence en moins, Mr Big plonge ses racines dans un rock plus ambré, reminiscence de Vanilla Fudge et autres Jeff Beck Group période Cozy Powell, avec si vous me le permettez un soupçon d'Aerosmith période "Toys in the Attic".
On est loin d'un hard rock linéaire avec gros riffs d'intro et battements binaires. Chevillé autour de la basse galopante de Billy Sheehan, le rock de Mr Big est toujours sur le fil du rasoir.
Bien sur les mélodies font mouche, et cela fait sa grande force, mais avec lui rien n'est totalement évident, la musique se découvre petit à petit.
Coté musicien c'est la grande classe, Eric Martin le chanteur ne peut cacher son coté un peu soul, Pat Torpey cogne dur et en finesse, Paul Gilbert se révèle un guitariste original et incisif, loin des rodomontades d'un Malmsteen il préfère les chorus tendus et nerveux quant à sa seigneurie Billy Sheehan, il a enfin trouvé après ses débuts dans Talas, un groupe à la mesure de son immense talent. Ce croisement androïde entre Jaco Pastorius et Chris Squire (Yes) se livre à des pirouettes sonores assez hallucinantes.
Mais Mr Big n'est pas qu'une réunion de surdoués, c'est un vrai groupe de rock, et ce disque magestueux sera leur premier manifeste.