Comme beaucoup de romans de Koontz, Mr Murder commence par la mise en place de deux univers littéralement parralèles, qui s'ignorent : d'un côté, le très talentueux Martin Stillwater, écrivain célèbre pour ses thrillers à succès et père de famille comblé; de l'autre, un sombre et mystérieux tueur qui élimine de sang froid et non sans une certaine volupté des êtres dont il ignore jusqu'à l'identité.
Ainsi que deux aimants, ces deux univers que tout oppose s'attirent soudain irrépressiblement jusqu'à leur fusion, instant terrible où tout bascule : l'étrange tueur suit son instinct jusqu'à la maison de l'écrivain, dont il est le sosie parfait, pour l'accuser de lui avoir "volé sa vie".
Devant la force herculéenne de son adervaire et son extraordinaire faculté de se régénérer, face également à une police soupçonneuse et peu encline à croire à ses histoires, Martin tente d'échapper à son double maléfique (lui-même activement recherché par ses "patrons") et de sauver sa famille.
Menée tambour battant par un Koontz très inspiré, cette histoire incroyable entraîne le lecteur dans une course poursuite captivante. Malgré un manichéisme certain entre les personnages et le manque de naturel de certains dialogues (notamment pour les enfants), tous les ingrédients du bon thriller sur fond de fantastique (suspens, imagination et anticipations faussées des personnages, coups de théâtre, enlèvements, rebondissements, raison d'état, complots et trahisons..) sont réunis pour semer le doute dans l'esprit du lecteur jusqu'au dénouement aussi spectaculaire qu'inattendu.
C'est efficace, et, même si l'on peut regretter que la thématique du double ne soit pas plus approfondie, la descente aux enfers de Martin, aux confins de la folie, est intéressante.