Une destinée complexe et mouvementée
Picturale, amoureuse ou révolutionnaire, c'est la passion qui anime Muchacho, à travers la destinée, complexe et mouvementée, d'un jeune peintre séminariste. Emmanuel Lepage signe ici sa première oeuvre en tant qu'auteur complet. Une réussite exceptionnelle.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Nicaragua, novembre 1976,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Muchacho, tome 1 (Cartonné)
nous sommes en pleine lutte des sandinistes (FSLN : Front sandiniste de liberté nationale) contre le pouvoir répressif du président Somoza soutenu par l'église catholique, les États-Unis et l'oligarchie locale Et épaulé par une police implacable "la Garde Nationale"... l'action de ce très bel album se situe dans une petite ville où nous suivons le jeune, beau et solitaire séminariste Gabriel de la Serna -fils d'un oligarque grand propriétaire- qui est venu décorer l'église de fresques de la passion sur la demande du père Rubén (nous comprendrons assez vite qu'il soutient les sandinistes) car il est un artiste de grande valeur déjà... il va aider un peu par hasard le père Rubén et dissimuler des armes à la garde nationale qui fouille tout sauf les affaires de ce jeune fils d'un des piliers du pouvoir en place, il dessine sur le vif le peuple -sur l'instigation du père Rubén- et tout particulièrement les garçons jeunes et finement musclés surtout lorsqu'ils viennent se soulager avec la prostituée locale avec qui Gabriel entretiendra rapidement une complicité Mais il trahira -sous la torture peut résister- contre son gré et le père Rubén sera arrêté... dessin extrêmement classique aux couleurs pastels qui nous restitue l'atmosphère de cette petite ville encerclée par la jungle et de sa population, qui nous permet de suivre avec beaucoup de finesse et de pudeur l'évolution sentimentale et morale de l'aristocratique Gabriel... l'album se termine alors que les parents de Gabriel viennent le récupérer et qu'il s'enfuit loin de la présence dictatoriale de son grand bourgeois de père.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Beau et intelligent...,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Muchacho, tome 1 (Cartonné)
"Nicaragua, novembre 1976". Ainsi débutent les premières images du premier tome du dyptique Muchacho. Gabriel, jeune peintre séminariste, est envoyé par Joaquin auprès du père Rubén. Quittant le très conservateur séminaire de la capitale Managua, Gabriel va découvrir la réalité de son pays dans le petit village de San Juan. Missionné pour peindre la Passion dans l'église locale, Gabriel va devoir bouleverser toutes les idées recues et, sous l'impulsion de Rubén, remplacer les poussérieuses icônes religieuses par la vive réalité de la pauvreté sociale du Nicaragua. C'est donc le parcours d'un jeune garçon dans un contexte politique dure que nous conte cette histoire. A travers son regard, on découvre une communauté sous tension où révolutionnaires sandinistes et pro-conservateurs vivent tant bien que mal ensembles. Des psychologies humaines denses et très proches de la complexe réalité donnent à cette oeuvre une dimension puissante. Amour et drame se mêlent et se démêlent sous la férule de la Guardia qui n'hésite pas à jouer les bourreaux avec ce peuple de paysans. Images fortes et violentes, mystérieuses parfois avec ce révolutionnaire qui, caché derrière son masque de sandiniste, remercie Gabriel. Bref, ce premier tome est très très bon. Le scénario est soigné et se termine sur un point d'interrogation. Peu de dialogues, beaucoup de suggestions à travers cette bande-dessinée qui fait presque figure de roman graphique. On connaissait déjà les qualités de dessinateur d'Emmanuel Lepage, on les redécouvre avec plaisir : couleurs chaudes de l'aquarelle, douceur du trait, beauté des visages, c'est là un grand artiste, assurément. Une oeuvre riche en émotion qui procure un intense bonheur de lecture et qui, de plus, a le mérite de rendre passionnant un événement historique loin de nous : la révolution sandiniste qui en 1979 renversa la dictature de Somoza pour instaurer une démocratie dirigée par Daniel Ortega. Plus que jamais, la bande dessinée est un media d'information et de culture à part entière et on ne peut qu'en être ravi ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Merci l'artiste,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Muchacho, tome 1 (Cartonné)
Muchacho nous plonge dans une atmosphère épaisse et étouffante.La magie de Lepage ? C'est sans doute sa capacité à faire de chacun des personnages habitant son oeuvre, un être à part entière, touchant malgré ses contradictions. C'est également son talent à recréer un monde réaliste où toutes les passions et les émotions seraient, cependant, amplifiées. Cette BD est avant tout pour les yeux, tellement l'ambiance y est visuelle et les impressions y sont charnelles. On se met presque à suffoquer sous la chaleur écrasante qu'il semble régner dans l'histoire. Les cases sans bulle retranscrivent mieux les sentiments que ne l'auraient fait n'importe quel mot. L'auteur gère à merveille ses zones de texte et ses moments de silence. Etant, pour une fois, le seul maître à bord (étant le seul auteur de la BD), son talent peut enfin s'épanouir totalement. L'intelligence, la sensibilité et la finesse du créateur réussit à faire de son héros, le séminariste Gabriel qui est dépassé par le désir qu'il éprouve pour un autre garçon et qui se voit soudainement confronté à la violence des dirigeants de son pays et à la pauvreté des plus faibles, une représentation de la jeunesse universelle, de ses émois et de sa tendresse. Finalement, arrivé au terme du premier tome, un seul désir nous tourmente, celui de se retrouver là-bas, au Nicaragua en 1976, pour voir si les passions nous brûlent encore la peau... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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