Enfin la voilà, la suite tant attendue ! On avait quitté Lucius Murena au bord de l'écoeurement après que Néron ait éloigné en Gaule lointaine, par jalousie, Acté, la femme dont tous les deux étaient épris. "Le sang des bêtes" aurait donc très bien pu s'appeler "À la recherche d'Acté" (ou quelque chose dans le genre).
Au programme : Lucius Murena fait le ménage parmi son entourage (aucune pitié pour les traîtres) ; l'esclave Balba règle définitivement (du moins le pense-t-il) ses comptes avec son éternel ennemi, le gladiateur Massam (qui, dans le tome 5, a rallié la cause de la machiavélique Poppée) ; Néron rêve en grand ; et enfin, Poppée parachève son emprise sur l'empereur et Sénèque jette l'éponge.
Comme toujours, on salue (on ne le fera jamais assez) la grande rigueur du scénario, le respect scrupuleux des réalités historiques (le cas échéant, les auteurs le mentionnent, et ça aussi c'est appréciable), et la citation honnête des sources. Les dessins sont toujours aussi clairs et les couleurs (de Jérémy Petiqueux) aussi sympa.
Au-delà de ces considérations formelles, Jean DUFAUX a décidé de nous plonger en Gaule antique et ce voyage initiatique est pour le moins dépaysant (et rafraichissant). L'ambiance générale de ce tome est par ailleurs beaucoup moins frénétique que les 5 précédents : en fait, chacun ici pose ses pions stratégiquement. C'est une sorte de tome de transition dans lequel Lucius Murena se fait (enfin) une raison pour s'opposer à Rome. Quant à Néron, la métamorphose opère...
Bref, l'attente du tome 7 va nous paraître interminable...