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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le classique instantané que la techno française attendait !,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Music Components (CD)
Tout d'abord, une petite correction; le tracklisting exact de cet article est :1. The Spirit of Boogie 2. Un Cheval d'Orgueil 3. 1314 4. Cm 5. The Swamp Waltz 6. Horns of Innocence 7. Conakry Filter Sweep 8. 777 9. Decade of Aggression 10. MnII Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Arnaud Rebotini est vraiment un personnage à part sur la scène électronique française; auteur à l'orée des années 2000 d'un album pop expérimental réussi (peut-être trop novateur pour l'époque) sous le pseudo Zend Avesta, puis instigateur avec Ivan Smagghe dans le cadre du duo Black Strobe d'un son electro-dark qui allait faire des émules (et des fans !) dans le monde entier, il délivre sous son propre patronyme un disque, qui, si justice est, devrait faire date dans les annales de la musique électronique. Armé seulement de ses machines quelques peu "vintage" (TR-808 ou 909, SP 1200 etc) à notre ère du tout-laptop en la matière, il nous délivre une collection de titres fracassants dont le genre varie de la pure techno dancefloor menaçante ("The Swamp Waltz") à la transe (je n'ai pas dit "trance", hein !) hypnotique la plus trippée (sur les longs "Conakry Filter Sweep" et "Mnll"), en passant par l'obsédant et quasi-orgasmique "777", qui devrait selon toute logique illustrer le nouveau nombre de la Bête. Mais ce qui frappe le plus ici, outre la précision diabolique des arrangements de Monsieur Rebotini (une constante chez lui de toutes façons), c'est la chaleur et la sensation profondément organique qui se dégagent de ses compositions, et qui donnent à l'ensemble un air de live set "à l'ancienne", plus proche d'un Herbie Hancock ténébreux que d'un artiste techno quelconque débitant de la minimale au kilomètre. Déjà, l'an passé, il surprenait son monde avec le premier véritable album de Black Strobe, le bien nommé "Burn Your Own Church", où il délaissait quelque peu ses amours electro pour un son plus rock mais tout aussi efficace. Il serait temps que le talent et la largeur de palette de cet artiste complet (et, surtout, authentique) soient reconnus par une plus conséquente partie du public. Alors, certes, avec des titres d'en moyenne 6 minutes et un format entièrement instrumental, ça ne sera peut-être pas encore pour cette fois. Mais pour les connaisseurs (ou les curieux), il serait dommage de passer à côté du formidable univers de cette personnalité hors normes, capable de rivaliser avec les plus grands du genre, tels Carl Craig, Plastikman ou le légendaire duo Maurizio (dont la moitié Moritz Von Oswald est ici responsable du mastering, son direct et addictif). TRES CHAUDEMENT RECOMMANDé ! Mise à jour Décembre 2009 : tout juste un an après la sortie de cet excellent Cd, Citizen vient de publier "Music Components REV2", second volume qui compile les mêmes morceaux que le premier, remixés par des artistes électro plus ou moins proches du son Rebotini, tels que Märtini Brös, Steve Moore ou Chloé. D'une grande cohérence compte tenu de la diversité relative des contributeurs, ce nouveau CD distille une ambience nettement plus "club" que l'original de 2008. Mentions spéciales à la relecture glaçante de "1314" par Acid Washed, au trop méconnu boss de Supersoul Recordings, Xaver Naudascher, qui transforme le martial "Horns Of Innocence" en bombe néo-disco, ainsi qu'aux décidément prometteurs Discodeine, qui emmènent "777" faire un tour à Chicago en 1986 pour un track house old school vrillé par une basse lourde et puissante. A noter enfin la réactivation par Arnaud Rebotini lui-même de son alias Black Strobe, pour une version dark mais groovy du déjà détonnant "Conakry Filter Sweep". Pour ceux qui n'auraient pas encore investi dans l'album original, un coffret limité 2 CD rassemble les deux volumes REV1 & REV 2 pour un prix très raisonnable. Bonne écoute ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Music Components,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Music Components (CD)
TR-909, TR-808, Roland SH-101, Korg Mono/Poly... Autant de noms qui font frissonner les vieux routiers de l'électro, les pionniers qui bidouillaient bien avant les laptops et les logiciels de compositions. Arnaud Rebotini inscrit la techno dans son histoire en dépoussiérant ces vielles machines, synthés, boites à rythme, qui faisaient vibrer les premiers explorateurs de Detroit et d'Europe. Loin des sons numériques bastonnants et ultra-saturés qui plombent la production moderne, il va puiser aux sources, tout en analogique, sans pour autant virer dans le vintage ou la nostalgie. Bestiau impressionnant au look de mauvais garçon rockabilly droit sorti des 50's, cheveux gominés et moustache à la Lemmy, vétu de chemises country élégantes, Rebotini peut disserter avec autant de pertinence sur Slayer ou Debussy. En live, il penche sa silhouette de géant sur ses machines qu'il travaille au corps, dégage une puissance et une présence physique qu'il insuffle à sa musique par sa science de la composition, son goût du détail. "The Spirit of Boogie", acid techno brillante et groovy en guise d'intro, irrémédiablement dansante. "Un cheval d'orgueil" poussé à la transe, monté en puissance, oublie des corps, urgence qui parle aux tripes. Puis "1314", la machine est lancée, extraordinaire de puissance contrôlée, fascinante avec ses sons si organiques et ses beats irrésistibles, sortilège auquel il est inutile d'opposer une quelconque résistance, le corps dancera jusqu'à épuisement, l'esprit sera propulsé directement dans un ciel sombre et étoilé. "Cm", techno atmosphérique sublime qui semble sorti d'archives miraculeuses de techno de Detroit originelle. Au milieu de l'album, comme point d'ancrage, le fabuleux "Swamp Waltz", ténébreux, inquiétant, sexuel comme une cérémonie vaudou, le dancefloor est visité par les fantômes de la Louisiane, les morts et les vivants dans une même free-party. "Horns of Innocence" rappelle les expériences de Rebotini sur Zend Avesta, des nappes sourdes, des boites à rythmes qui surgissent et disparaissent, des textures envoûtantes, la techno s'accouple avec la musique contemporaine. Magnifique "Conakry Filter Sweep", longue dérive hypnotique évoquant un mécanisme d'horlogerie partant en vrille, techno psychédélique aux sons de synthés aliens qui rébondissent les uns sur les autres, entrée dans un autre espace temps, plus rien n'a d'importance que le voyage mental et son propre oubli. On est sorti de là par le très sombre et faussement monolithique "777" qui relance l'usine à danser, les machines gémissent et grondent, groovent en cadence de façon menaçante. Pas de cadeaux non plus sur "Decade of Agression", ramonage sonique qui porte bien son nom, qui n'hésite pas la désorientation avec quelques coup de bruitisme, beat en ligne droite, minimaliste et sans pitié. "Mnll", dédiée par le génial nancéen à sa compagne, déroule sur plus de dix minute une techno atmosphérique et planante qui caresse l'âme, et qui prend de l'ampleur jusqu'à des sommets de beauté pure et de transe illuminée. Avec Arnaud Rebotini, la techno n'a pas seulement retrouvée une âme, elle a pour toujours gagné un corps.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le classique instantané que la techno française attendait !,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Music Components Ltd edition (CD)
Tout d'abord, une petite correction; le tracklisting exact de cet article est :1. The Spirit of Boogie 2. Un Cheval d'Orgueil 3. 1314 4. Cm 5. The Swamp Waltz 6. Horns of Innocence 7. Conakry Filter Sweep 8. 777 9. Decade of Aggression 10. MnII Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Arnaud Rebotini est vraiment un personnage à part sur la scène électronique française; auteur à l'orée des années 2000 d'un album pop expérimental réussi (peut-être trop novateur pour l'époque) sous le pseudo Zend Avesta, puis instigateur avec Ivan Smagghe dans le cadre du duo Black Strobe d'un son electro-dark qui allait faire des émules (et des fans !) dans le monde entier, il délivre sous son propre patronyme un disque, qui, si justice est, devrait faire date dans les annales de la musique électronique. Armé seulement de ses machines quelques peu "vintage" (TR-808 ou 909, SP 1200 etc) à notre ère du tout-laptop en la matière, il nous délivre une collection de titres fracassants dont le genre varie de la pure techno dancefloor menaçante ("The Swamp Waltz") à la transe (je n'ai pas dit "trance", hein !) hypnotique la plus trippée (sur les longs "Conakry Filter Sweep" et "Mnll"), en passant par l'obsédant et quasi-orgasmique "777", qui devrait selon toute logique être le nouveau nombre de la Bête. Mais ce qui frappe le plus ici, outre la précision diabolique des arrangements de Monsieur Rebotini (une constante chez lui de toutes façons), c'est la chaleur et la sensation profondément organique qui se dégagent de ses compositions, et qui donnent à l'ensemble un air de live set "à l'ancienne", plus proche d'un Herbie Hancock ténébreux que d'un artiste techno quelconque débitant de la minimale au kilomètre. Déjà, l'an passé, il surprenait son monde avec le premier véritable album de Black Strobe, le bien nommé "Burn Your Own Church", où il délaissait quelque peu ses amours electro pour un son plus rock mais tout aussi efficace. Il serait temps que le talent et la largeur de palette de cet artiste complet (et, surtout, authentique) soient reconnus par une plus conséquente partie du public. Alors, certes, avec des titres d'en moyenne 6 minutes et un format entièrement instrumental, ça ne sera peut-être pas encore pour cette fois. Mais pour les connaisseurs (ou les curieux), il serait dommage de passer à côté du formidable univers de cette personnalité hors normes, capable de rivaliser avec les plus grands du genre, tels Carl Craig, Plastikman ou le légendaire duo Maurizio (dont la moitié Moritz Von Oswald est ici responsable du mastering, son direct et addictif). TRES CHAUDEMENT RECOMMANDé ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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