On a souvent taxé Madonna d'opportuniste qui vampirise les modes et les mouvements. L'argument aurait pu être valable au début, mais il faut bien avouer qu'au bout de vingt ans de carrière, cela relève de la mauvaise foi. Car il faut vraiment s'intéresser à la musique pour dénicher quelqu'un comme Mirwais et reconnaitre le potentiel qu'il peut apporter.
Ayant finalement séduit les critiques avec Ray of Light, Madonna pousse plus loin ses expérimentations en électro et nous sort Music, album très concis, dépouillé et efficace. Il contraste avec la luxuriance symphonique d'une chanson comme Frozen, par exemple, et le mot d'ordre a été cette fois : 'Less is more'.
Les compositions les plus intéressantes viennent de sa collaboration avec Mirwais. Elle n'hésite pas à casser le moule classique de la forme chanson, et traite la forme, la voix, et les sons de manière assez jouissive. On a le clubbing ('Music', et l'hilarant 'Impressive Instant'), la mélancolie sur les routes désertes et les champs de blés, ponctuée de quelques passages de martiens ('I derserve it', 'Gone'). Madonna nous pond deux superbes bijoux : 'Paradise (not for me)' une ode funèbre où elle se montre poignante de sobriété, soutenue par un magnifique tapis de cordes, et 'Don't tell me', une sorte d'objet hybride entre le western le hip hop, et l'immensité américaine.
Avec Music, Madonna reprends des éléments de l'iconographie américaine, se posant comme une poétesse du west rural au 19e siècle mais bien consciente de l'époque d'aujourd'hui.
Elle retrouve cette idée de la 'frontière' qui fut le fondement de l'Amérique.
L'album ouvre des horizons qu'elle n'aura jamais fini d'explorer et c'est tant mieux!!!