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5.0 étoiles sur 5
The Musician, 10 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Musician (CD)
Une femme nue assise devant son piano. Une simple inscription, The Musician. Jennifer Terran se livre en tant que tel, en tant que musicienne, parce que c'est sa vie. Elle a refusé le cirque du music business, elle a monté sa propre structure pour produire ses albums, Grizelda Records, elle enregistre dans son propre studio, chez elle en Californie, elle gagne sa vie aussi en donnant des cours de danse hip-hop, elle organise des concerts privés dans sa maison, dans son intimité. Jennifer Terran ne sera jamais une star, ni même connue d'un public nombreux, mais a choisi d'être musicienne, ce qui n'a rien à voir, et c'est ce qu'elle livre dans un album extrêmement ambitieux, qui bien que lo-fi car enregistré dans la plus stricte intimité de son studio avec quelques musiciens amis, déborde parfois d'arrangements presque trop luxuriants. Et même si une comparaison avec une autre américaine et son piano effleure l'esprit, elle n'a pas lieu d'être, tellement au fur et à mesure de l'album se détache la personnalité bien singulière de Terran, qui s'adresse directement à son auditeur dans d'étranges zones cachées entre les pistes, audibles seulement lors d'une écoute intégrale. Une voix d'or, un peu éraillée dans les graves et d'autant plus sensuelle, un chant qui attaque directement la moelle épinière, provoquant des vagues de frissons irrépressibles à intervalles irréguliers. Un piano se limitant souvent à des ritournelles, mélancoliques ou plus entraînantes, accompagné de cordes et parfois rejoints par d'autres instruments acoustiques. "Liberty Lunch" cloue au sol d'entrée, en crescendo, d'abord uniquement piano et voix minimaliste puis gagne en puissance et saisit l'auditeur à coups d'harmonies vocales et d'une mélodie triste à pleurer. "This Recording", où la musicienne évoque le hiatus temporel entre son enregistrement et le moment où il sera enfin écouté, rythmé par son métronome. Très atmosphérique et envoûtant "The Painter", ou la vertu cathartique de la création. Album intime donc, où la femme se montre à nue, à nue mais pas désarmée comme sur la photo du livret où Terran, seulement habillée d'une paire de bottes, tient un flingue, évoquant l'héroïne du formidable "Mad Magdalene" qui descend un ponte d'un gros label de musique, vindicatif et revendicatif, "there's more music that what you hear on the f*cking radio you ignorant bastard!". Après ce coup de force, le doux "Sweet Love" et ses choeurs un peu gospel, "Sounding a Simple Chord", où Terran soupire après le goût simple du plaisir de jouer, perdu à force de s'épuiser à vivre une vie qui n'est pas la sienne. "Emotionnal Laxative" laisse de côté les arrangements foisonnants, se concentrant sur une guitare acoustique puis une basse nylon avant une coda où Terran utilise sa propre voix pour porter l'émotion pure du chant, magnifique. Toujours suivant sa thématique, ce manifeste à abandonner une vie épuisante et destructrice pour l'individu et suivre sa propre voie(x), "Skating" et ses cuivres élégants, son ambiance hivernale et ses cordes caressantes, et "Sticky 8 to 5 Lady", sur une simple rythmique de clappements de mains, un peu r'n'b oriental, avant l'irruption de cordes balkaniques, confrontation de la musicienne avec une autre femme, qui fait ses journées d'employé telle une esclave. Terran garde le cap, ne dévie jamais de sa route, de sa volonté de ne pas se mentir à elle-même, "Unconditionnal Love", retour du piano pour une de ses meilleurs mélodies. Et si l'album est supérieur à la somme de ses parties, quelques morceaux se détachent tout de même nettement, comme la précédente, et surtout ce "Grand Canyon", sublime, aussi grandiose et aérien que le paysage qu'il évoque. Après une telle chanson, "Santa's Secret" pourrait apparaître comme presque simpliste ou par trop classique, mais les paroles fortes et inspirantes de Terran lui donne une autre dimension, plus profonde. "Magdalene Try !" pour en terminer, en forme de conclusion volontaire, avec rythmique de claps de mains et belle guitare doucement électrique. Et de se refermer sur la voix de Jennifer Terran, sussurant dans l'oreille de l'auditeur, plus intime que jamais. Tenu de bout en bout par une musicienne assurée de sa vision et d'une conviction sans faille, The Musician prouve que si "l'industrie du disque ne peut exister sans le musicien, le musicien peut exister sans l'industrie du disque". De sa maison en Californie, Terran a concocté un joyaux.
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5.0 étoiles sur 5
parfait, 30 novembre 2005
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Musician (CD)
en découvrant cet album, j'ai pris la meme claque qu'à l'époque où j'ai découvert kate bush. c'est dire.
tout y est absolument parfait . ceux qui aiment les ambiances mélancoliques doivent absolument se précipiter sur ce chef d'oeuvre !
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