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Si l'histoire de l'Italie fasciste a suscité de nombreuses productions, celle de son dirigeant n'a, quant à elle, guère fait l'objet de recherches particulières en France. Pourtant, l'Italie aurait-elle connu le régime fasciste sans Mussolini ? Certes, les difficultés de tous ordres que le pays ne parvenait pas à résoudre ont donné l'occasion au chef des Faisceaux d'arriver à ses fins ; cependant, sans l'ambiguïté de façade qu'il a su donner à ses actes et à son idéologie, jamais sans doute le fascisme n'aurait pu être instauré. Habile politique, Mussolini, en jouant à la fois le jeu de la légalité et celui de la violence, a réussi à prendre les commandes du pays. En donnant dans un premier temps à son régime le visage rassurant de la démocratie, il a pu asseoir définitivement son pouvoir et créer son propre mythe.
On ne peut comprendre cette période troublée de l'histoire italienne et mondiale sans s'intéresser de près à la personne du Duce. La solide biographie de Pierre Milza nous en offre désormais un portrait d'une rigueur impitoyable. --Gaëtane Guillo --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Quatrième de couverture
Entre le Mussolini de ceux qui le prennent pour une marionnette de l'histoire, celui des nostalgiques du fascisme qui ressassent la propagande des années 20 et 30, les amateurs d'anecdotes qu'intéresse uniquement la vie sentimentale (agitée) du Duce, et celui dont une érudition parfois accablante risque d'estomper les traits, la véritable personnalité de l'une des figures noires du siècle qui s'achève demeure pour beaucoup d'Européens une énigme. Comment saisir les sinuosités d'une carrière commencée à l'ombre de Garibaldi et Mazzini, de Proudhon, Marx et Nietzsche et achevée dans la fange de la République de Salo ? Pourquoi un fils du peuple devenu militant ouvrier et journaliste, héraut de l'intervention dans la Première Guerre mondiale et numéro 2 du PSI, s'est-il métamorphosé en un nationaliste à tous crins ; comment l'agitateur s'est-il fait le promoteur d'un régime d'ordre, comment le futuriste a t-il fini par prôner le retour à la Rome antique? Pour quelles raisons un homme de longue date hostile à l'Allemagne et indifférent aux problèmes "raciaux" a t-il pu être l'alter ego latin du Fuhrer, jetant son pays dans une nouvelle guerre, mal préparée, et se faisant le complice du génocide ? Qui est cet anticlérical signant les accords du Latran, cet anticolonialiste conquérant l'Ethiopie, ce républicain offrant au roi le titre d'empereur, cet adepte de l'union libre exaltant la famille traditionnelle ? Etc., etc. Ces contradictions, ces revirements, ces reniements, Mussolini les a assumés et même voulus, car il s'est très tôt persuadé qu'il était à lui seul le salut de l'Italie, et cette certitude l'habita jusqu'à la fin ou presque. La passivité, voire le soutien (au moins jusqu'au milieu des années 30) des Italiens firent le reste en le confortant dans cette idée.
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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