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Sur
Odelay, l'album de la consécration sorti en 1996, Beck Hansen avait brisé la léthargie de la communauté musicale avec son mélange, à la fois novateur et irrésistible, de funk, de rock, de rap, de musique indé et électronique.
Mutations est tout aussi remarquable, mais pas dans le style alternativo-rock-slacker-rap auquel on aurait pu s'attendre. Plein d'introspection et de complaintes, l'album révèle le côté plus sentimental de Beck, avec un ensemble de chansons à l'ossature acoustique qui sembleront familières à tous ceux qui avaient aimé son album de rock indé
One Foot In The Grave. Mais n'allez pas penser que si Beck s'est adouci, il est devenu ennuyeux par la même occasion. D'une chanson à l'autre, ce caméléon musical plaque des accords songeurs, chavire sur un rythme de bossa nova, virevolte sur un nuage psychédélique, fait sortir des sons baroques d'une harpe, avant de se laisser aller à une country de cow-boy solitaire. Sur
Mutations, Beck prouve qu'une simple guitare et un peu de créativité peuvent enthousiasmer autant que deux platines et un micro.
--Jon Wiederhorn
Critique
C’est Beck qui a construit le triomphe (
Mellow Gold, puis
Odelay) de Beck, et personne d’autre. De même, c’est l’Américain qui décide d’offrir une coloration nettement folk et country, et encore davantage apaisée, voire romantique, à
Mutations.
Ensuite, le reste de l’humanité (critiques, acheteurs, actionnaires de la maison de disques), court après cette réalité, comme des enfants éperdus. Mais depuis quand est-ce l’affaire des artistes de se préoccuper des fluctuations des marchés boursiers ?
Mutations a été enregistré très vite, en acceptant peu de sophistications de studio, et mettant ses pas bien davantage dans les récréations folks de
One Foot In The Grave, que dans les succès réservés au labels multinationaux.
L’album a été produit par Nigel Godrich (l’homme qui fit le son du
OK Computer de Radiohead), donc inutile d’être en attente de paillettes. Et les chansons ont été enregistrées en compagnie du groupe de tournée du chanteur (mais papa David Campbell est là pour conduire les cordes), manifestement désireux, et de spontanéité, et de connivence. Donc, les airs sont simples, sereins, et ne font pas beaucoup de bruit. Ce qui n’a jamais été synonyme de fadeur. En lieu et place, Beck prend le pari de séduire, émouvoir, et captiver, armé d’une seule guitare.
Naturellement, il remporte le challenge haut la main, démontrant qu’il est l’un des plus brillants artistes (c’est à dire au plus près de la sensibilité d’une génération) de l’époque. Une nouvelle fois, l’album recueillera le Grammy Award du meilleur album de rock alternatif de l’année.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story