My Bloody Valentine

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Biographie

Kevin Shields (né à New York le 21/05/1963, chant, guitare et un peu de basse) et Colm Cusack (né O'Ciosoig le 31/10/1964, batterie) se rencontrent dès leur adolescence à Dublin, à la fin des années 70. Passionnés de punk rock, les deux amis participent à de nombreuses formations (notamment Complex) avant de créer leur propre groupe avec Dave Conway (chant) et Tina (claviers) en 1984.

Rebaptisé My Bloody Valentine*, le groupe s'installe quelques temps en Hollande, puis à Berlin, où il enregistre son premier mini-album This Is Your Bloody Valentine sur le label local Tycoon. Sous influence ... Lire la suite

Kevin Shields (né à New York le 21/05/1963, chant, guitare et un peu de basse) et Colm Cusack (né O'Ciosoig le 31/10/1964, batterie) se rencontrent dès leur adolescence à Dublin, à la fin des années 70. Passionnés de punk rock, les deux amis participent à de nombreuses formations (notamment Complex) avant de créer leur propre groupe avec Dave Conway (chant) et Tina (claviers) en 1984.

Rebaptisé My Bloody Valentine*, le groupe s'installe quelques temps en Hollande, puis à Berlin, où il enregistre son premier mini-album This Is Your Bloody Valentine sur le label local Tycoon. Sous influence influence gothique à la Birthday Party, cette première tentative est encore très éloignée de ce qui fera la notoriété du groupe quelques années plus tard.

Suite à l'échec relatif de l'enregistrement, My Bloody Valentine s'installe à Londres en 1985 et recrute la bassiste Debbie Googe (née le 24/10/1962 à Somerset) à la place de Tina. La nouvelle formation se fait la main sur des EP confidentiels : Geek ! sur le label Fever (avril 1986) avec le simple « No Place To Go » et le maxi The New Record by My Bloody Valentine (octobre 86, Kaleidoscope Sound) se placent sous les mêmes auspices batcave façon Cramps avec une pincée de The Jesus & Mary Chain, groupe bruitiste essentiel de la décennie précédente dans les pas duquel Kevin Shields marchera.

Début 87, le groupe signe chez Lazy (label des Primitives) pour le simple et maxi « Sunny Sundae Smile » - un avant-goût de pop song sur fond de larsens - avant d'engager via une petite annonce la chanteuse et guitariste Bilinda Butcher (16/09/1961) en lieu et place de Conway : « J'ai fait l'erreur de mentionner les Smiths comme notre influence... Vous auriez dû voir les cas qui ont défilé devant nous ! » (Kevin Shields). Lors de l'audition, Butcher séduit le groupe en reprenant une chanson de ... Dolly Parton. Le line-up définitif du groupe est désormais en place, et Kevin Shields se décide à assurer les parties vocales, malgré une timidité évidente. Le mini-album Ecstasy (novembre 87), poussé par le simple « Strawberry Wine » lance véritablement les « My Bloody » sur la carte du rock indépendant anglais, dans la foulée des groupes issus de la vague C86 (du nom des cassettes publiées par le New Musical Express) tels Primal Scream et les Ecossais The Pastels. Toutefois, ces enregistrements (réédités sur la compilation Ecstasy and Wine en 89) souffrent d'un son indigne, résultat du manque d'argent et de problèmes au moment du mastering.

Mais le bouche à oreille et un concert suffisent à Alan McGee pour les signer sur son fameux label Creation. Une nouvelle ère s'ouvre alors pour My Bloody Valentine. A l'été 88 sort l'EP You Made Me Realise, celui de la révélation pour la presse nationale britannique et au-delà. Le disque est classé deuxième dans le palmarès annuel des rédacteurs en chef du Melody Maker. La saison suivante apporte Feed Me with Your Kiss : ces deux réalisations sous la bannière Creation contiennent tous les éléments de l'identité sonore du groupe : mélodies souvent imparables, voix éthérées de Bilinda et Kevin, guitares saturées au son déformé et batterie monolithique. Cette tension perpétuelle entre bruitisme et pureté, noirceur et légèreté fait office de marque déposée du quatuor.

L'album Isn't Anything (novembre 1988) est l'occasion pour le combo dublinois de mesurer le chemin parcouru depuis des débuts poussifs. L'oeuvre brille d'une véritable originalité et marque immédiatement les esprits. Plébiscitée par la presse et le public, elle consacre My Bloody Valentine au rang de groupe majeur de la scène indépendante britannique. Après ce premier véritable album studio réussi, Kevin Shields décide d'aller plus loin, et se lance dans l'élaboration de son chef d'oeuvre. Entre-temps, le EP Glider (avril 90) enfonce le clou, approchant le Top 40. Le suivant, Tremolo (février 91, n°29) se révèle encore plus puissant, donnant l'envie à de nombreux groupes de se frotter au genre shoegazing (appelation donnée en raison de la tendance des guitaristes à fixer leurs chaussures en jouant) initié par les « My Bloody ». Les Ride, Slowdive et Lush s'apprêtent à reproduire cette pâte sonique entendue sur le titre « To Here Knows When » (la plus extrême pièce musicale jamais entendue dans le Top 30).

Trois années de travail et d'errements, dix-huit ingénieurs du son et vingt studios différents seront nécessaires pour venir à bout de Loveless (novembre 1991). L'album au coût pharaonique aurait pu ne jamais voir le jour. Inquiet de voir l'énergie créatrice du groupe s'étirer en longueur - la faute, entre autres, à une consommation excessive de « drogues douces » selon les propres mots du leader du groupe -, Alan McGee tente de réagir mais se plie finalement aux exigences du groupe. On parle alors d'un coût record de 250 000 £ (400 000 ?, somme contestée par Kevin Shields) qui faillit laisser le label Creation exsangue. Il se rattrapera avec Oasis. Loveless est très rapidement considéré comme un chef-d'oeuvre par l'ensemble de la presse musicale qui le classe régulièrement dans les meilleurs disques de la décennie. Il s'ensuit une longue tournée mondiale la même année, dont une date mémorable à l'Olympia devant un public parisien abasourdi par tant de déflagrations soniques.

Malheureusement, les relations entre le groupe et son label s'enveniment. Kevin Shields et ses comparses rejoignent Island en 1992. Dès lors, comme bridée par le coup de maître précédent, la créativité du groupe reste partiellement lettre morte. Mis à part une reprise de « Map Ref 41°N 93°W » de Wire en 1996 (Whore : Tribute to Wire), une poignée de remixes (Mogwai, Pastels, Yo La Tengo, Little Rabbits...) et quelques apparitions dans des compilations (une relecture du classique « We Have All The Time in the World » en soutien à Amnesty International) - le groupe ne retrouve plus le chemin des studios. De son côté, Debbie Googe en profite pour former Snowpony.

De retour après « une longue maladie mentale », selon ses mots, Kevin Shields annonce pourtant en 1997 la sortie imminente d'un album. Celui-ci ne verra jamais le jour. En revanche, le génial leader du groupe apparaît sur les projets des plus divers : guitare pour Curve et Manic Street Preachers, production et mixage pour Primal Scream (Xtrmntr et Evil Heat), une suite pour la compagnie de danse canadienne LA LA LA Human Steps (1999) et quatre titres pour la bande originale du film Lost in Translation (2003).

Dans une interview à un magazine américain en février 2007, le leader déclare être absolument certain « à  100% » de la reformation du groupe, « à moins que nous mourrions » : celle-ci intervient avec l'annonce d'un nouvel album disponible sur internet à l'été 2008 et d'une série de concerts au Zénith de Paris (8 et 9 juillet) et au festival de Benicassim (Espagne). De son côté, Kevin Shields élabore une musique pour le poème The Coral Sea (juillet 2008) de Patti Smith.

Reste que l'oeuvre passée du groupe, sa capacité à transcender la chanson pop parfaite en un magma sonore hypnotique, l'exploration des limites de la guitare saturée, à la manière de Sonic Youth - une influence majeure de Kevin Shields - ou de Jimi Hendrix, ont d'ores et déjà fait date dans l'histoire du rock. Côté français, la pop rêveuse d'Autour de Lucie ou les illustres Diabologum doivent beaucoup aux Irlandais. Innombrables sont aujourd'hui les groupes se revendiquant de son influence.

C'est après voir nourri les espoirs de toute la sphère rock mondiale pendant des années que le groupe revient enfin avec un nouvel album en février 2013. Celui-ci parait d'abord sur internet en streaming, puis le 22 février en "physique". m b v bénéficie de l'intérêt non terni des médias et marque un véritable événement dans le monde du rock indépendant.

* D'après Meurtres à la Saint-Valentin de Paul Zaza, un film d'horreur canadien de série Z de 1981, débarrassé de ses scènes les plus « gore » après l'assassinat de John Lennon. Copyright 2014 Music Story Jérôme Pichon

Kevin Shields (né à New York le 21/05/1963, chant, guitare et un peu de basse) et Colm Cusack (né O'Ciosoig le 31/10/1964, batterie) se rencontrent dès leur adolescence à Dublin, à la fin des années 70. Passionnés de punk rock, les deux amis participent à de nombreuses formations (notamment Complex) avant de créer leur propre groupe avec Dave Conway (chant) et Tina (claviers) en 1984.

Rebaptisé My Bloody Valentine*, le groupe s'installe quelques temps en Hollande, puis à Berlin, où il enregistre son premier mini-album This Is Your Bloody Valentine sur le label local Tycoon. Sous influence influence gothique à la Birthday Party, cette première tentative est encore très éloignée de ce qui fera la notoriété du groupe quelques années plus tard.

Suite à l'échec relatif de l'enregistrement, My Bloody Valentine s'installe à Londres en 1985 et recrute la bassiste Debbie Googe (née le 24/10/1962 à Somerset) à la place de Tina. La nouvelle formation se fait la main sur des EP confidentiels : Geek ! sur le label Fever (avril 1986) avec le simple « No Place To Go » et le maxi The New Record by My Bloody Valentine (octobre 86, Kaleidoscope Sound) se placent sous les mêmes auspices batcave façon Cramps avec une pincée de The Jesus & Mary Chain, groupe bruitiste essentiel de la décennie précédente dans les pas duquel Kevin Shields marchera.

Début 87, le groupe signe chez Lazy (label des Primitives) pour le simple et maxi « Sunny Sundae Smile » - un avant-goût de pop song sur fond de larsens - avant d'engager via une petite annonce la chanteuse et guitariste Bilinda Butcher (16/09/1961) en lieu et place de Conway : « J'ai fait l'erreur de mentionner les Smiths comme notre influence... Vous auriez dû voir les cas qui ont défilé devant nous ! » (Kevin Shields). Lors de l'audition, Butcher séduit le groupe en reprenant une chanson de ... Dolly Parton. Le line-up définitif du groupe est désormais en place, et Kevin Shields se décide à assurer les parties vocales, malgré une timidité évidente. Le mini-album Ecstasy (novembre 87), poussé par le simple « Strawberry Wine » lance véritablement les « My Bloody » sur la carte du rock indépendant anglais, dans la foulée des groupes issus de la vague C86 (du nom des cassettes publiées par le New Musical Express) tels Primal Scream et les Ecossais The Pastels. Toutefois, ces enregistrements (réédités sur la compilation Ecstasy and Wine en 89) souffrent d'un son indigne, résultat du manque d'argent et de problèmes au moment du mastering.

Mais le bouche à oreille et un concert suffisent à Alan McGee pour les signer sur son fameux label Creation. Une nouvelle ère s'ouvre alors pour My Bloody Valentine. A l'été 88 sort l'EP You Made Me Realise, celui de la révélation pour la presse nationale britannique et au-delà. Le disque est classé deuxième dans le palmarès annuel des rédacteurs en chef du Melody Maker. La saison suivante apporte Feed Me with Your Kiss : ces deux réalisations sous la bannière Creation contiennent tous les éléments de l'identité sonore du groupe : mélodies souvent imparables, voix éthérées de Bilinda et Kevin, guitares saturées au son déformé et batterie monolithique. Cette tension perpétuelle entre bruitisme et pureté, noirceur et légèreté fait office de marque déposée du quatuor.

L'album Isn't Anything (novembre 1988) est l'occasion pour le combo dublinois de mesurer le chemin parcouru depuis des débuts poussifs. L'oeuvre brille d'une véritable originalité et marque immédiatement les esprits. Plébiscitée par la presse et le public, elle consacre My Bloody Valentine au rang de groupe majeur de la scène indépendante britannique. Après ce premier véritable album studio réussi, Kevin Shields décide d'aller plus loin, et se lance dans l'élaboration de son chef d'oeuvre. Entre-temps, le EP Glider (avril 90) enfonce le clou, approchant le Top 40. Le suivant, Tremolo (février 91, n°29) se révèle encore plus puissant, donnant l'envie à de nombreux groupes de se frotter au genre shoegazing (appelation donnée en raison de la tendance des guitaristes à fixer leurs chaussures en jouant) initié par les « My Bloody ». Les Ride, Slowdive et Lush s'apprêtent à reproduire cette pâte sonique entendue sur le titre « To Here Knows When » (la plus extrême pièce musicale jamais entendue dans le Top 30).

Trois années de travail et d'errements, dix-huit ingénieurs du son et vingt studios différents seront nécessaires pour venir à bout de Loveless (novembre 1991). L'album au coût pharaonique aurait pu ne jamais voir le jour. Inquiet de voir l'énergie créatrice du groupe s'étirer en longueur - la faute, entre autres, à une consommation excessive de « drogues douces » selon les propres mots du leader du groupe -, Alan McGee tente de réagir mais se plie finalement aux exigences du groupe. On parle alors d'un coût record de 250 000 £ (400 000 ?, somme contestée par Kevin Shields) qui faillit laisser le label Creation exsangue. Il se rattrapera avec Oasis. Loveless est très rapidement considéré comme un chef-d'oeuvre par l'ensemble de la presse musicale qui le classe régulièrement dans les meilleurs disques de la décennie. Il s'ensuit une longue tournée mondiale la même année, dont une date mémorable à l'Olympia devant un public parisien abasourdi par tant de déflagrations soniques.

Malheureusement, les relations entre le groupe et son label s'enveniment. Kevin Shields et ses comparses rejoignent Island en 1992. Dès lors, comme bridée par le coup de maître précédent, la créativité du groupe reste partiellement lettre morte. Mis à part une reprise de « Map Ref 41°N 93°W » de Wire en 1996 (Whore : Tribute to Wire), une poignée de remixes (Mogwai, Pastels, Yo La Tengo, Little Rabbits...) et quelques apparitions dans des compilations (une relecture du classique « We Have All The Time in the World » en soutien à Amnesty International) - le groupe ne retrouve plus le chemin des studios. De son côté, Debbie Googe en profite pour former Snowpony.

De retour après « une longue maladie mentale », selon ses mots, Kevin Shields annonce pourtant en 1997 la sortie imminente d'un album. Celui-ci ne verra jamais le jour. En revanche, le génial leader du groupe apparaît sur les projets des plus divers : guitare pour Curve et Manic Street Preachers, production et mixage pour Primal Scream (Xtrmntr et Evil Heat), une suite pour la compagnie de danse canadienne LA LA LA Human Steps (1999) et quatre titres pour la bande originale du film Lost in Translation (2003).

Dans une interview à un magazine américain en février 2007, le leader déclare être absolument certain « à  100% » de la reformation du groupe, « à moins que nous mourrions » : celle-ci intervient avec l'annonce d'un nouvel album disponible sur internet à l'été 2008 et d'une série de concerts au Zénith de Paris (8 et 9 juillet) et au festival de Benicassim (Espagne). De son côté, Kevin Shields élabore une musique pour le poème The Coral Sea (juillet 2008) de Patti Smith.

Reste que l'oeuvre passée du groupe, sa capacité à transcender la chanson pop parfaite en un magma sonore hypnotique, l'exploration des limites de la guitare saturée, à la manière de Sonic Youth - une influence majeure de Kevin Shields - ou de Jimi Hendrix, ont d'ores et déjà fait date dans l'histoire du rock. Côté français, la pop rêveuse d'Autour de Lucie ou les illustres Diabologum doivent beaucoup aux Irlandais. Innombrables sont aujourd'hui les groupes se revendiquant de son influence.

C'est après voir nourri les espoirs de toute la sphère rock mondiale pendant des années que le groupe revient enfin avec un nouvel album en février 2013. Celui-ci parait d'abord sur internet en streaming, puis le 22 février en "physique". m b v bénéficie de l'intérêt non terni des médias et marque un véritable événement dans le monde du rock indépendant.

* D'après Meurtres à la Saint-Valentin de Paul Zaza, un film d'horreur canadien de série Z de 1981, débarrassé de ses scènes les plus « gore » après l'assassinat de John Lennon. Copyright 2014 Music Story Jérôme Pichon

Kevin Shields (né à New York le 21/05/1963, chant, guitare et un peu de basse) et Colm Cusack (né O'Ciosoig le 31/10/1964, batterie) se rencontrent dès leur adolescence à Dublin, à la fin des années 70. Passionnés de punk rock, les deux amis participent à de nombreuses formations (notamment Complex) avant de créer leur propre groupe avec Dave Conway (chant) et Tina (claviers) en 1984.

Rebaptisé My Bloody Valentine*, le groupe s'installe quelques temps en Hollande, puis à Berlin, où il enregistre son premier mini-album This Is Your Bloody Valentine sur le label local Tycoon. Sous influence influence gothique à la Birthday Party, cette première tentative est encore très éloignée de ce qui fera la notoriété du groupe quelques années plus tard.

Suite à l'échec relatif de l'enregistrement, My Bloody Valentine s'installe à Londres en 1985 et recrute la bassiste Debbie Googe (née le 24/10/1962 à Somerset) à la place de Tina. La nouvelle formation se fait la main sur des EP confidentiels : Geek ! sur le label Fever (avril 1986) avec le simple « No Place To Go » et le maxi The New Record by My Bloody Valentine (octobre 86, Kaleidoscope Sound) se placent sous les mêmes auspices batcave façon Cramps avec une pincée de The Jesus & Mary Chain, groupe bruitiste essentiel de la décennie précédente dans les pas duquel Kevin Shields marchera.

Début 87, le groupe signe chez Lazy (label des Primitives) pour le simple et maxi « Sunny Sundae Smile » - un avant-goût de pop song sur fond de larsens - avant d'engager via une petite annonce la chanteuse et guitariste Bilinda Butcher (16/09/1961) en lieu et place de Conway : « J'ai fait l'erreur de mentionner les Smiths comme notre influence... Vous auriez dû voir les cas qui ont défilé devant nous ! » (Kevin Shields). Lors de l'audition, Butcher séduit le groupe en reprenant une chanson de ... Dolly Parton. Le line-up définitif du groupe est désormais en place, et Kevin Shields se décide à assurer les parties vocales, malgré une timidité évidente. Le mini-album Ecstasy (novembre 87), poussé par le simple « Strawberry Wine » lance véritablement les « My Bloody » sur la carte du rock indépendant anglais, dans la foulée des groupes issus de la vague C86 (du nom des cassettes publiées par le New Musical Express) tels Primal Scream et les Ecossais The Pastels. Toutefois, ces enregistrements (réédités sur la compilation Ecstasy and Wine en 89) souffrent d'un son indigne, résultat du manque d'argent et de problèmes au moment du mastering.

Mais le bouche à oreille et un concert suffisent à Alan McGee pour les signer sur son fameux label Creation. Une nouvelle ère s'ouvre alors pour My Bloody Valentine. A l'été 88 sort l'EP You Made Me Realise, celui de la révélation pour la presse nationale britannique et au-delà. Le disque est classé deuxième dans le palmarès annuel des rédacteurs en chef du Melody Maker. La saison suivante apporte Feed Me with Your Kiss : ces deux réalisations sous la bannière Creation contiennent tous les éléments de l'identité sonore du groupe : mélodies souvent imparables, voix éthérées de Bilinda et Kevin, guitares saturées au son déformé et batterie monolithique. Cette tension perpétuelle entre bruitisme et pureté, noirceur et légèreté fait office de marque déposée du quatuor.

L'album Isn't Anything (novembre 1988) est l'occasion pour le combo dublinois de mesurer le chemin parcouru depuis des débuts poussifs. L'oeuvre brille d'une véritable originalité et marque immédiatement les esprits. Plébiscitée par la presse et le public, elle consacre My Bloody Valentine au rang de groupe majeur de la scène indépendante britannique. Après ce premier véritable album studio réussi, Kevin Shields décide d'aller plus loin, et se lance dans l'élaboration de son chef d'oeuvre. Entre-temps, le EP Glider (avril 90) enfonce le clou, approchant le Top 40. Le suivant, Tremolo (février 91, n°29) se révèle encore plus puissant, donnant l'envie à de nombreux groupes de se frotter au genre shoegazing (appelation donnée en raison de la tendance des guitaristes à fixer leurs chaussures en jouant) initié par les « My Bloody ». Les Ride, Slowdive et Lush s'apprêtent à reproduire cette pâte sonique entendue sur le titre « To Here Knows When » (la plus extrême pièce musicale jamais entendue dans le Top 30).

Trois années de travail et d'errements, dix-huit ingénieurs du son et vingt studios différents seront nécessaires pour venir à bout de Loveless (novembre 1991). L'album au coût pharaonique aurait pu ne jamais voir le jour. Inquiet de voir l'énergie créatrice du groupe s'étirer en longueur - la faute, entre autres, à une consommation excessive de « drogues douces » selon les propres mots du leader du groupe -, Alan McGee tente de réagir mais se plie finalement aux exigences du groupe. On parle alors d'un coût record de 250 000 £ (400 000 ?, somme contestée par Kevin Shields) qui faillit laisser le label Creation exsangue. Il se rattrapera avec Oasis. Loveless est très rapidement considéré comme un chef-d'oeuvre par l'ensemble de la presse musicale qui le classe régulièrement dans les meilleurs disques de la décennie. Il s'ensuit une longue tournée mondiale la même année, dont une date mémorable à l'Olympia devant un public parisien abasourdi par tant de déflagrations soniques.

Malheureusement, les relations entre le groupe et son label s'enveniment. Kevin Shields et ses comparses rejoignent Island en 1992. Dès lors, comme bridée par le coup de maître précédent, la créativité du groupe reste partiellement lettre morte. Mis à part une reprise de « Map Ref 41°N 93°W » de Wire en 1996 (Whore : Tribute to Wire), une poignée de remixes (Mogwai, Pastels, Yo La Tengo, Little Rabbits...) et quelques apparitions dans des compilations (une relecture du classique « We Have All The Time in the World » en soutien à Amnesty International) - le groupe ne retrouve plus le chemin des studios. De son côté, Debbie Googe en profite pour former Snowpony.

De retour après « une longue maladie mentale », selon ses mots, Kevin Shields annonce pourtant en 1997 la sortie imminente d'un album. Celui-ci ne verra jamais le jour. En revanche, le génial leader du groupe apparaît sur les projets des plus divers : guitare pour Curve et Manic Street Preachers, production et mixage pour Primal Scream (Xtrmntr et Evil Heat), une suite pour la compagnie de danse canadienne LA LA LA Human Steps (1999) et quatre titres pour la bande originale du film Lost in Translation (2003).

Dans une interview à un magazine américain en février 2007, le leader déclare être absolument certain « à  100% » de la reformation du groupe, « à moins que nous mourrions » : celle-ci intervient avec l'annonce d'un nouvel album disponible sur internet à l'été 2008 et d'une série de concerts au Zénith de Paris (8 et 9 juillet) et au festival de Benicassim (Espagne). De son côté, Kevin Shields élabore une musique pour le poème The Coral Sea (juillet 2008) de Patti Smith.

Reste que l'oeuvre passée du groupe, sa capacité à transcender la chanson pop parfaite en un magma sonore hypnotique, l'exploration des limites de la guitare saturée, à la manière de Sonic Youth - une influence majeure de Kevin Shields - ou de Jimi Hendrix, ont d'ores et déjà fait date dans l'histoire du rock. Côté français, la pop rêveuse d'Autour de Lucie ou les illustres Diabologum doivent beaucoup aux Irlandais. Innombrables sont aujourd'hui les groupes se revendiquant de son influence.

C'est après voir nourri les espoirs de toute la sphère rock mondiale pendant des années que le groupe revient enfin avec un nouvel album en février 2013. Celui-ci parait d'abord sur internet en streaming, puis le 22 février en "physique". m b v bénéficie de l'intérêt non terni des médias et marque un véritable événement dans le monde du rock indépendant.

* D'après Meurtres à la Saint-Valentin de Paul Zaza, un film d'horreur canadien de série Z de 1981, débarrassé de ses scènes les plus « gore » après l'assassinat de John Lennon. Copyright 2014 Music Story Jérôme Pichon


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