5.0 étoiles sur 5
Une bonne critique par Bibliothéca !, 2 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Mystère de la pierre sculptée (Broché)
Peut-on réellement mener une vie normale lorsqu'une malformation de naissance vous défigure ? Jeanne, elle, a décidé de s'exclure de la société parce quelle ne s'accepte pas et quelle ne supporte plus les regards et les questions incessantes. Elle vit recluse dans un petit village du bord de mer. Un jour de tempête, elle aperçoit sur la plage un homme mystérieux qui entre dans l'eau et s'y enfonce jusqu'au cou. N'écoutant que son cour, elle part immédiatement le secourir et le ramène chez elle pour qu'il se repose. Persuadée que l'homme va prendre la fuite dès qu'il la verra, elle s'étonne lorsqu'il ne manifeste aucune réaction et comprend alors qu'il est aveugle. Une rencontre étrange qui marque le début dune relation passionnée au cours de laquelle cette malformation de la peau va prendre de plus en plus d'importance, jusqu'au moment décisif où Léonid retrouve la vue. Quel nouvel équilibre va pouvoir s'installer dans ce couple différent ? Jeanne n'aurait en tout cas jamais imaginé que sa vie allait complètement basculer lorsqu'elle est venue en aide à cet inconnu.
Le Mystère de la pierre sculptée de l'écrivaine française Andréa Novick, nous conte l'histoire finalement bien classique de la rencontre de deux personnages en marge de la société. Classique certes, mais contée avec beaucoup de talent et sans jamais s'apitoyer sur le sort de ces malheureux personnages. Avec finesse Andréa Novick nous mène à travers les méandres des sentiments humains dans ce beau roman qui toutefois manque quelque peu de surprise.
Le Mystère de la pierre sculptée est un beau roman psychologique et sentimental, un texte à découvrir.
Extrait : premières lignes
Ce premier jour de l'automne n'augurait rien de bon ; même la mer avait fiévreusement perdu sa sérénité estivale. La perspective de ne pas pouvoir mettre le nez dehors me rendait taciturne. Impossible de faire coulisser la baie vitrée afin d'humer nerveusement les embruns marins. Mon vieux coucou suisse, corseté dans sa boîte en châtaignier, restait d'une insondable tristesse et effritait les minutes avec une monotonie routinière. Malgré tout, je me consolais en admirant le spectacle des aigrettes et des goélands prenant leur envol pour aller se nicher dans les cavités crayeuses des falaises, y attendant sagement et instinctivement que la tempête s'estompe.
Il faisait un temps à ne pas écumer les plages de la Côte d'Opale, en parfaite adéquation avec le décor, le baromètre pointant un moins six degrés polaire. Le drapeau rouge hissé tentait
vainement de stigmatiser la tempête.
En déployant son imagination au maximum, seul un Inuit aurait pu avoir l'envie de s'aventurer sur le bord de mer, là où la froidure vous gerçait les lèvres et vous soudait des stalactites sous les narines. La zone où je résidais échappait à la surveillance du poste de secours, fermé en cet automne glacial, d'une précocité sans indulgence et inhabituelle. Pas un jogger ne songeait à arpenter le bord de mer, sous peine de disparaître à jamais, englouti par une déferlante imprévisible.
Pourtant ce matin-là, malgré les bourrasques de vent et la pluie verglaçante, un desperados à l'esprit tourmenté avait osé braver, avec témérité, détermination et résignation, les éléments déchaînés afin de se faire flageller par les forces du mal.
Les habitants avaient toutes les raisons d'être tristes, calfeutrés qu'ils étaient, sans le moindre enthousiasme, redoutant la promenade au bord des flots bouillonnants, craignant d'être avalés par une mer d'une férocité légendaire. Le charme pittoresque et habituel de l'endroit était malmené par cette tempête dantesque qui défigurait le paysage.
L'homme déambulait pieds nus, revêtu de simples oripeaux de mi-carême délavés. Il semblait hébété par les rafales de vent violent qui le soulevaient de terre sans ménagement, par chaque agression des vagues. Un rictus de souffrante amertume lui barrait le visage. Il avait de l'écume accrochée au revers de son pantalon, mais apparemment, il ne s'en souciait guère. Il était muni d'un bâton noueux, probablement ramassé...[[ASIN:2748045246 TITUS ET BOUBOULE A LA MONTAGNE]
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