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1989, c'est le choc ! Roy Orbison, la légende de Sun Records, nous quitte quelques semaines seulement après avoir fêté son grand retour avec un album magnifique. Sorti du grenier aux idoles par les Traveling Wilburys (aux côtés d'autres prodiges comme Tom Petty, Bob Dylan, George Harrison et Jeff Lynne, leader du mythique Electric Light Orchestra), Orbison profite de l'enregistrement de
Mystery Girl pour les retrouver ainsi que d'autres compagnons de route. Son fils écrit même plusieurs textes. Lorsque Roy chante, dès le premier mot c'est l'extase. Sa voix de ténor angélique nous envoûte. Cependant, on constate avec tristesse que cet album aurait pu être le signe d'une prodigieuse renaissance. C'est vrai que l'on pourrait refaire le monde avec des "si", mais il est indéniable que des morceaux comme "You Got It" sont de la même trempe que "Pretty Woman". Estimons-nous heureux que Roy Orbison ait eu le temps d'enregistrer ce dernier joyau.
--Tom Lanham
Critique
Roy Orbison, emporté l’année précédente par une crise cardiaque, ne connaîtra donc jamais le triomphe de
Mystery Girl, album posthume qu’on ne peut, en conséquence, écouter à l’instar d’une production anodine. D’autant que, durant les derniers mois de son existence, honoré par le Rock And Roll Hall Of Fame, et participant emblématique à l’aimable escapade du super groupe The Traveling Wilburys, tout va bien pour l’Américain.
Le plus rageant de l’histoire, c’est que le chanteur n’apparaît ici en rien diminué : contrairement à certains retours pathétiques, la voix est toujours aussi impériale, toujours aussi à l’aise dans la vertigineuse ascension des octaves. Encadré par deux fans absolus, Jeff Otis Wilbury Lynne et Tom Charlie T. Junior Wilbury Petty, Orbison se montre au meilleur de sa forme, comme toujours impeccable dans le rendu de ses petits drames rock and roll qui déchirent le cœur, tout en n’interdisant pas de danser.
Les deux producteurs (figurent également dans l’équipe rien moins qu’Al Kooper, ou Steve Cropper, légendaire guitariste d’Otis Redding), parviennent à gérer la quadrature du cercle qui consiste à offrir une acception moderne à un art séculaire (celui de la romance binaire), et Roy ne semble pas forcer son talent (la décontraction des très grands), même dans le galop effréné de
« You Got It ». L’un des sommets du disque reste la contribution de Bono et de son compère de U2 The Edge, suffisamment investis dans le projet pour offrir avec
« She’s A Mystery To Me » une sorte de smoking haute couture dans lequel le père de
« Oh, Pretty Woman » peut déployer tout son talent.
Même si cela n’a pas grande importance dans le contexte, jamais un album d’Orbison n’aura connu pareil parcours dans les classements internationaux. En ce qui concerne les hit-parades de son pays d’origine,
Mystery Girl – certifié Disque doublement platine - parviendra à la cinquième place des charts américains, et le single
« You Got It » atteindra une très flatteuse neuvième place dans sa catégorie.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story