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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Sociologie d'un ouvrage, 12 mai 2007
Roland Barthes dans son avant-avant propos écrit en 1970 reconnaît lui-même que l'irruption de mai 68 avait bousculé la donne petite-bourgeoise. Dans "Mythologies", l'auteur s'évertue avec un enthousiasme certain à "rendre compte en détail de la mystification qui transofme la culture petite-bourgeoise en nature universelle."
Publié en 1957, en plein déploiement de ce que Jean Fourastié appellera "les trente glorieuses", ce livre recèle parfois de fortes intuitions. Mai 68 sera inspiré des critiques de Barthes contre la société de consommation, l'homme unidimensionnel réduit à ses désirs primaires de consommateur, aliéné en cela par une société "à l'américaine" dévoilant son "horizon insurpassable" dans l'acheter-consommer-rejeter matériel.
De nombreuses critiques sont passées de mode, étant filles de leur époque. Cependant, des réflexions pertinentes plaisent encore au lecteur désireux de se libérer des discours, images, spectacles le voulant réduit à "l'enfant abruti".
"(...) un trait constitutif de la mentalité réactionnaire, est de disperser la collectivité en individus et l'individu en essences. Ce que tout le théâtre bourgeois fait de l'homme psychologique, mettant en conflit le Vieillard et le Jeune Homme, le Cocu et l'Amant, le Prêtre et le Mondain, les lecteurs du Figaro le font, eux aussi, de l'être social". Cette pensée a conservé quelque pertinence dans cet amalgame libéral (le terme actuel de "bourgeois") partagé à gauche (ce qui serait une nouveauté pour Barthes) comme à droite.
Barthes est un intellectuel qui méprise trop aisément, d'un revers de manche, les bienfaits que cette société de consommation a produits dans la société française. La critique de l'aliénation est empoussiérée et par trop dogmatique.
"Il y a sans doute des révoltes contre l'idéologie bourgeoise. C'est ce qu'on appelle en général l'avant-garde. Mais ces révoltes sont socialement limitées, elles restent récupérables" car elles sont d'origine bourgeoise et s'inspirant "toujours d'une distinction très forte entre le bourgeois éthique et le bourgeois politique".
L'ouvrage vaut essentiellement, aujourd'hui, par l'approche sociologique du contexte qui l'a vu naître.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Best read for amusement, not rigor, 4 février 2009
Maybe because I am a frivolous American, it never occurred to me to read this book in search of a philosophical system. Nonetheless, reading this book roughly 25 years ago turned out to be a very formative event for my current career.
Perhaps some of the essays have not aged very well. Perhaps some of Barthes's techniques have become so copied by others during the past quarter-century that they can no longer surprise or entertain as they still could, a quarter-century after these pieces were written.
But after reading, and laughing over, « Les Romains au cinéma », « Saponides et détergents », « L'écrivain au vacances », and of course « La nouvelle Citroën », among many others, I was struck deeply by Barthes's ability to look at familiar things from unexpected angles. (Perhaps one could get something of the same from reading Francis Ponge, but the humor of Ponge's work is gentler -- and in any case, that was not my history.) I hoped that someday I might be given the chance, and the skill, to write pieces with such a fresh perspective about something.
More than 20 years later, I got that chance, when I became a business and economics columnist for some magazines in Japan. For their humor and their imagination, the pieces in this book have remained an inspiration to me through the decades. If you have enough empathy to imagine the context in which they were written, they are well worth your time to read now.
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19 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Ceci n'est pas un ouvrage scientifique., 13 novembre 2003
Certains se réfèrent à cet ouvrage comme s'il s'agissait de l'exposition d'une nouvelle discipline des sciences humaines, la sémiologie. Or, il n'est pas question de traités de la Méthode ici. Ce sont des articles composés dans les années cinquante pour les journaux, sur différents phénomènes de société, qui est du reste similaire à la notre dans les aspects où on l'aurait crue la plus éloignée. Barthes, et c'est cela qui le rend fastidieux pour certains, est très minutieux et très général à la fois. Il s'attarde sur des détails à l'apparence insignifiante, et en tire des conclusion qu'on ne saurait à quel Empirée faire appartenir. Mais c'est d'ailleurs toute la fascination de cet ouvrage, que de poser la question: qu'est-ce que le "significatif" dans le monde? Sur quoi appuyons nous nos Vérités? Ou bien Barthes était maniaque et paranoiaque, et tout le monde l'est avec lui, ou il faut réviser ce que l'on considère comme la santé d'une sensibilité.
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