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Nagasaki - GRAND PRIX DU ROMAN DE L'ACADEMIE FRANCAISE 2010
 
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Nagasaki - GRAND PRIX DU ROMAN DE L'ACADEMIE FRANCAISE 2010 [Broché]

Eric Faye
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

« Clandestine depuis un an 
Il s’étonnait de voir des aliments disparaître de sa cuisine : un quinquagénaire célibataire des quartiers sud a installé une caméra et constaté qu’une inconnue déambulait chez lui en son absence. »

Un simple fait divers dans un quotidien du matin à Nagasaki. 
Tout commence par des disparitions, en effet, des déplacements d’objets. 
Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasaki. C’est un homme ordinaire, qui rejoint chaque matin la station météorologique de la ville en maudissant le chant des cigales, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n’a pas d’odeur, sauf celle de l’ordre et de la mesure. 
Depuis quelque temps déjà, il répertorie scrupuleusement les niveaux et les quantités de nourriture stockée dans chaque placard de sa cuisine. Dans ce monde contre lequel l’imprévu ne pouvait rien, un bouleversement s’est produit. 
Devant l’écran de son ordinateur et grâce à sa caméra, Shimura-san finit par apercevoir l’intruse. Il y a bien quelqu’un chez lui. Il a vu son profil. Il l’observe. Il attend d’être sûr. Est-ce une hallucination, un fantôme de ses échecs sentimentaux passés, une amante amère et revancharde ? Il finit par appeler la police. L’invitée est embarquée et mise en cellule. 
On apprendra par les agents en charge de l’enquête et lors du jugement que cette femme à peine plus âgée que son hôte avait trouvé refuge chez lui au cours de son errance. Il partait sans fermer à clé, seule concession à sa maîtrise. On lira qu’elle aimait sentir sur sa peau le rai de lumière qui traversait la pièce l’après-midi et l’odeur des draps propres dans l’armoire qui lui servait de chambre. Tel un animal, cette femme sans passé sentait la menace, détectait le bruit des pas et bondissait se cacher, à l’abri du danger. Elle ne voulait rien de plus qu’être là, sans déranger. Elle aussi était seule. 
On apprendra bien d’autres choses encore ; sur la mémoire des lieux et la mémoire tout court, dans une lettre finale que la « clandestine » adressera au maître des lieux, désertés.

Biographie de l'auteur

Éric Faye est l’auteur, chez Stock, de romans et de récits de voyage, dont Mes trains de nuit (2005), L’homme sans empreintes (2008), Nagasaki (2010, Grand prix du Roman de l’Académie française) et, chez José Corti, du recueil de récits Je suis le gardien du phare, prix des Deux-Magots en 1998.

Détails sur le produit

  • Broché: 112 pages
  • Editeur : Stock (18 août 2010)
  • Collection : La Bleue
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2234061660
  • ISBN-13: 978-2234061668
  • Moyenne des commentaires client : 3.3 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (34 commentaires client)
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 l'impressions d'avoir entrevu des sentiments humains, 23 juin 2011
Par 
Le Bison (Clichy, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nagasaki - GRAND PRIX DU ROMAN DE L'ACADEMIE FRANCAISE 2010 (Broché)
Shimura-san est un météorologue, la cinquantaine, célibataire, un peu maniaque, un peu dépressif. Il vit seul dans une maison silencieuse de Nagasaki où chaque chose est rangée à sa place. Un quotidien d'une banalité effarant où Shimura-san ne fait strictement aucun écart de conduite à sa vie parfaitement réglée. Un jour, des soupçons envahissent son esprit. Il a le sentiment qu'un pot de yaourt a disparu et que le niveau du jus de fruit s'est légèrement abaissé... Il ne lui en faut pas plus pour installer une webcam dans sa cuisine et surveille ainsi la porte de son frigo de son travail... Jusqu'au jour où l'ombre d'une femme, ni belle ni jeune, apparait sur l'écran de son ordinateur...

Comment décrire un tel livre, si court mais si humain. Je me revois lorsque je découvrais « Neige » ou « Soie », deux autres romans écrits par des occidentaux sur le Japon. Comme ces deux précédentes aeuvres, j'ai eu le sentiment que l'auteur s'était mis au diapason de la littérature nippone. La plume aurait très bien pu être tenue par un auteur japonais sans que l'esprit du roman n'en soit affecté dans un sens ou l'autre.

Il y a des livres qui semblent vous marquer plus que d'autres. Ce « Nagasaki » en fait partie. Juste une impression, celle d'avoir entrevue des sentiments humains dans ces deux personnages (et c'est suffisamment rare de nos jours). Je sais que je ne me contenterai pas de cette simple lecture. Le livre est rangé dans ma bibliothèque, à l'abri de la poussière et de la lumière vive, à coté des autres romans japonais, et dans quelques mois, je le ressortirai et reprendrai plaisir à ressentir ces mêmes émotions... et sûrement en découvrir d'autres...
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 MÊME IMPARFAIT, UN ROMAN HUMAIN ET POETIQUE, 28 janvier 2011
Par 
PHIL007 "ANACHRONIC JAZZ FAN" (france) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nagasaki - GRAND PRIX DU ROMAN DE L'ACADEMIE FRANCAISE 2010 (Broché)
Ce roman est inspiré d'un fait divers qui a eu lieu au Japon en 2008.

Shimura-san a 50 ans. Il n'est pas marié et vit seul dans sa maison. Il travaille dans un bureau d'une station météorologique. Il mène une vie banale, réglée, ordonnée. Il déteste le chant des cigales et ne suit pas volontiers ses collègues quand ils lui proposent de boire un pot ensemble. Il est très très méticuleux.

Or, depuis un certain temps, il détecte de très petits détails anormaux (le niveau légèrement baissé du jus d'orange dans sa bouteille ou un yaourt qui disparaît dans son frigo) qui l'inquiètent. Rien de ce qui n'est précieux n'est pris ni même touché. Reste une impression que quelqu'un rentre chez lui à son insu tous les jours.

Dans son réel où tout doit être parfaitement réglé, cette intrusion le dérange et le bouleverse au point qu'il décide d'installer chez lui une webcam. Il parvient alors à filmer une étrange présence, vague et fugitive, celle d'une femme pense-t-il. Il alerte la police.

En fait, cette femme essaie bien de ne rien déranger ou pratiquement rien car... elle vit là depuis plusieurs mois, cachée, faute d'avoir un toit pour elle. Elle a tout fait pour que sa présence soit invisible.

Toute l'oeuvre d'Eric FAYE, depuis 20 ans, et peut être plus encore dans Mes trains de nuit, explore les zones frontières de l'étrange, de l'imprévu, du dérèglement du réel. On imagine donc combien il a dû être interpellé par ce récit lu dans un journal.

Comme il n'y a rien de dilué chez ce romancier, le récit est très court mais explore néanmoins, de façon parfois allusive mais toujours originale, les thèmes les plus profonds : la solitude, la honte, le remord, l'égoïsme, l'absence de sens qu'on peut éprouver devant la vie, ce qui est - je le cite - "n'être rien". Le roman est riche d'observations humaines. Il est malheureusement impossible de citer d'autres extraits sans dévoiler l'histoire du roman.

Eric FAYE note avec finesses les oscillations de l'âme de ses personnages, dans une prose sans rhétorique, sans chercher à les éclairer longuement (ce qui peut apparaître frustrant pour le lecteur), sans chercher l'effet à produire.

La fin est même abrupte. Lui ne revient pas en scène, elle parle de son passé mais en rien de quoi sera fait son futur sinon "errer dans un entre deux de l'existence".

Entre le réel et l'étrange, en refusant de préciser un sens possible, Eric FAYE écrit un roman auquel on peut reprocher de ne pas assez dévoiler. Mais il est difficile de ne pas être sensible à son caractère humain et poétique.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Entre deux eaux, 15 août 2010
Par 
sholby (Paris France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nagasaki - GRAND PRIX DU ROMAN DE L'ACADEMIE FRANCAISE 2010 (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Ce court roman (une centaine de pages) m'a laissé une impression mitigée. D'après l'avertissement en début d'ouvrage, il est issu d'un fait divers relaté dans la presse japonaise en mai 2008, à savoir une chômeuse en fin de droits qui s'installe à la sauvette dans une pièce inoccupée de l'appartement d'un salaryman célibataire, et y reste pendant plus d'un an avant d'être finalement découverte.

Sur cette base fragile, Éric Faye présente les points de vue, d'abord de l'homme, pour la période qui va des soupçons au procès, puis de la femme, à partir de ce moment.
L'écriture elle-même est élégante, pudique et discrète. Peut-être un peut trop discrète, car elle finit par en devenir un peu atone, façon vieille dame digne. Plusieurs choses m'ont empêché de vraiment apprécier ce livre :
- Bien que les protagonistes, japonais donc, soient les narrateurs de leurs récits, leurs réflexions m'apparaissent plutôt comme le fruit d'une culture occidentale.
- Même si cela fait sans doute partie du projet de l'auteur, l'attitude de chacun face à la vie semble passablement identique, ce qui les rend interchangeables, l'un pouvant aisément prendre la place de l'autre.
- Je suis toujours, personnellement, un peu refroidi par les dialogues trop écrits. Par exemple, j'ai le plus grand mal à apporter un quelconque crédit à une policière censée dire ceci à son interlocuteur : « [...] C'est une chambre surnuméraire, en attente de visiteurs. Elle a comme une révélation : ces lieux, c'est elle qu'ils attendaient. Le soleil cogne à la fenêtre, qu'elle entrouvre ; il dessine un rectangle tiède sur la natte de jonc. [...] »
- Pour finir, ça manque singulièrement de pathos, et on ressort de là guère plus avancé que si on avait lu une des fameuses coupures de presse à l'origine de tout cela. Éric Faye esquisse bien quelques idées pas inintéressantes, mais on dirait qu'il n'y croit pas vraiment, et il n'approfondit guère les réflexions entamées par Shimura-san, ni ne donne la moindre dimension romanesque au récit. Bien sûr, il a le droit de faire le choix d'une forme très squelettique, mais je me prends à imaginer ce qu'auraient fait du même matériau des auteurs comme Éric Holder ou Christian Gailly, et à ne pouvoir retenir un frisson de regret.
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