Foin de toutes les arguties ! D'aucuns font le même procès à Natalie Dessay qu'à Maria Callas en son temps. A la Divina on reproché outre sa voix qui n'avait rien d'orthodoxe, sa façon d'amener les rôles à soi ! Il suffit de lire la la partition de Lucia pour se rendre compte qu'elle a été composée pour un soprano type Persiani et non pour la Pasta. En fait ce qui gênait était la manière géniale de dépoussiérer les partitions et les rendre à leur théâtralité incandescente. Avec un instrument de Lyrico-léger, Natalie Dessay accomplit le même prodige. faire de ses héroïnes des personnages de théâtre et non des icônes musicales. Et dans ce disque elle y réussit pleinement : Aucun portrait qui ne soit semblable au précédent : Altière dans Maria Stuarda, hallucinée dans Lucia, mélancolique dans Elvira, je n'énumèrerai pas toutes les facettes de son talent.Elle s'approprie, avec une voix caméléon,à la technique infaillible,les univers dans leur style et dans la ressorts des personnages à interpréter. Qu'on est loin de la placidité musicale de certaines qui font du concert mais pas de l'opéra. Ce disque est un spectacle. Et je préfère être pris aux tripes qu'uniquement aux oreilles.