Catherine, gynécologue d'âge mûr, découvre les frasques amoureuses de son mari. Blessée et troublée par cet aspect de son conjoint qu'elle ne soupçonnait pas, elle engage une entraîneuse pour une double mission : séduire l'infidèle, et lui raconter ensuite par le détail le déroulement de leur relation...
Le sujet, un peu sulfureux, est traité sur un mode affectif et psychologique. Les êtres sont complexes, insaisissables, calculateurs peut-être. Les hommes sont impénétrables, hermétiques, surprenants. Sont-ils vides, candides ou sournois, ils restent toujours un mystère que le regard de la réalisatrice ne perce pas à jour. Les femmes, elles, ressentent la vie dans leur chair, et l'expriment avec leur voix autant qu'avec leur corps... sans forcément en être plus faciles à décrypter. Et tous, pour faire du mensonge une stratégie, se retrouvent tour à tour manipulateurs puis manipulés, et pris à leur propre piège...
La mise en scène est classique mais efficace. Le non-dit et l'ambiguïté rappellent parfois Sautet, voire Chabrol. Les acteurs, subtils, sont très convaincants : Fanny Ardant, fière et blessée, se lance par désarroi dans un jeu dont elle ne perçoit pas les risques. Gérard Depardieu affiche en permanence une calme bonhomie qu'on ne sait attribuer à de la sincérité ou à de la rouerie. Emmanuelle Béart enfin, alternativement torride comme une coulée de lave ou froide comme un mur de glace, disparaît au moment où l'on s'aperçoit qu'elle était loin d'être un simple objet...
Un bon film que l'on verra et reverra avec plaisir.