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Par son originalité, sa largeur de vue et sa liberté de ton, cet ouvrage apporte une réponse moderne à la question posée à la fin du XIXe siècle par Ernest Renan : "Qu'est-ce qu'une nation ?" --Thomas Ferrier
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Etude fondamentale, qui privilégie une critique marxiste de la nation,
Par Caetano Veloso (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nations et nationalisme depuis 1780 (Poche)
Ouvrage très plaisant à lire, et qui nous rappelle à quel point l'idée de nation était encore floue dans ses contours à l'orée de la révolution française, et qu'elle se précise par la suite, selon deux conceptions : « la conception démocratique révolutionnaire et la conception nationaliste. L'assimilation Etat = Nation = Peuple s'applique aux deux, mais pour les nationalistes la création des entités politique qui comporteraient cette assimilation découlerait de la préexistence de quelque communauté se distinguant des étrangers, alors que, du point de vue démocratique révolutionnaire, le concept central était le peuple souverain des citoyens, identifié à l'Etat, qui, par rapport au reste de l'humanité, constituait une « nation ».Eric Hobsbawm traite alors du virus national qui agite l'Europe tout au long du XIXème siècle, des impossibles définitions de ce qu'est une nation sur la base de critères objectifs et des nouvelles velléités pour chacun de se constituer en Etat-nation, à la manière française. Comme le disait Hegel, « Vous, les Français, avez de la chance car vous êtes une nation ». La position d'Hobsbawm, clairement sceptique sur le fait national, est assez solidement argumenté pour établir que la constitution d'une nation n'est pas universelle, bien qu'il n'exclut pas qu'il existe « une douzaine de nations véritables dans le monde ». Par rapport au ton général du livre, on aurait aimé que l'auteur explicite davantage la spécificité de ces expériences proprement nationales. Enfin, on peut estimer, c'est mon cas, que la vision de la formation nationale comme une aeuvre purement idéaliste, réalisée par une minorité active (des idéologues typiques), dans la pure tradition marxiste, est trop réductrice par rapport à l'immanence même de ce développement. Il y a sans aucun doute dans l'émergence de la nation des fondements anthropologiques : création d'un socle identitaire structurant à travers rites de passage et remise en ordre du temps, formation de nouvelles solidarités qui transcendent les classes sociales et les affinités locales, prolongement de l'être individuel vers l'être collectif qui élargit le champ de la praxis et du discours. On peut regretter également qu'Hobsbawm n'ait pas davantage établi les affinités qui unissent nationalisme démocratique et nationalisme primordialiste, notamment par exemple au travers de notions ambigües comme le patriotisme ou le patrimoine, autant de références originelles à l'héritage des pères qui fondent une communauté intergénérationnelle, et qu'on retrouvera chez Barrès (« la Terre et les morts »), aussi bien que chez les nationalistes démocratiques. La séparation entre protonationalisme et nationalisme paraît à cet égard assez stérile analytiquement, en ne jugeant ce premier qu'à partir de son « incomplétude » par rapport au second. Très bonne introduction néanmoins à ce curieux phénomène national, qui a transformé le monde depuis deux siècles. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4.0 étoiles sur 5
Surligneur obligatoire,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nations et nationalisme depuis 1780 (Poche)
(commentaire provisoire à parfaire)Typiquement le genre d'ouvrage qu'il faut lire, le surligneur à la main ce que je n'ai pas fait d'où la faiblesse du commentaire ci-après. Composé à partir de conférences données en Irlande dans les années 80, Hobsbawm décortique des phénomènes historiques qui nous paraissent évidents, l'Etat-Nation, le principe des nationalités puis le nationalisme du XX ème siècle. J'ai notamment apprécié les premiers chapitres sur le XIX ème qui justement déconstruisent certaines idées reçues comme la dimension linguistique de la formation des Etats nations; il semble que l'unfication linguistique (ex France, Italie) soit plutôt la conséquence de la formation de l'Etat Nation que l'inverse. Grossièrement ce qu'il ressort de l'analyse de l'auteur (sur le XIXème) c'est que dans le couple Etat/Nation c'est l'État qui revêt de l'importance, que celui-ci s'est constitué sur la pression d'élites bourgeoise et que la nation en a découlé. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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