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Si le terme même de "nature morte" n'apparaît qu'à la seconde moitié du XVIIIe siècle, la représentation des choses inanimées est bel et bien l'héritage de l'Antiquité. "Relation triangulaire entre la réalité, les apparences et l'homme", les natures mortes, longtemps considérées comme un art mineur, relèvent pourtant d'un genre autonome. Caractérisées par un champ thématique varié, elles rassemblent aussi bien les mosaïques de la Villa d'Hadrien près de Tivoli, la Vanité de Pieter Steen Wijck que des toiles de Juan Gris ou de Robert Rauschenberg. Tour à tour compositions de fleurs, de fruits, de gibier, d'instruments de musique, de victuailles, de livres, de crânes ou de coquillages, les natures mortes ont traversé les styles et les siècles. Documents d'époques ou réflexions métaphysiques, elles ont leurs significations cachées et leurs symboles. Soucieuse de faire accéder cette étude d'ensemble au plus grand nombre, Sybille Ebert-Schifferer se concentre principalement sur des oeuvres attribuées, précisément datées et exposées dans les musées. --Sandrine Fillipetti