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Presque tout l'intérêt de cet album semble reposer sur son single "Adios Ayer" qui, sur une mélodie de chant rappelant étrangement "One Love" d'un certain Bob Marley, retient notre attention grâce à une voix plutôt touchante et qui nous paraît presque familière. En effet, entre Sting et Elton John, on redécouvre un dénommé Seal qui nous donnerait presque envie d'aller plus loin dans l'album. Malheureusement, nous en resterons là, la musique virant carrément à ce que Saint Preux pourrait faire aujourd'hui, tantôt jazz sans âme tantôt bossa facile, le tout additionné à des voix langoureuses fades et/ou kitsch selon les morceaux. De toute évidence, ce fameux DJ, inspiré et précurseur d'une tendance vulgarisée aujourd'hui, celle qui consiste à diffuser de la musique lounge dans un bar (en l'occurrence le célèbrissime Café Del Mar d'Ibiza) ne se verra pas qualifier des même superlatifs pour son statut de producteur, métier qui ne s'improvise pas toujours...
--Luc Demont
Critique
Après Souvenir clairement orienté ambient en 1998, José Padilla auréolé de sa gloire avec la série Café del Mar et les six volumes qu'il a supervisés, revient pour une belle invitation au voyage immobile pour Navigator.
Plus electro latino, Navigator est ce qu'il convient d'appeler un album agréable, une plaisante flânerie sous le chaud soleil d'Ibiza. Pas Ibiza pour fanas des dancefloors, mais un arrière pays tranquille et secret où il fait bon buller et découvrir de petites criques sauvages où se baquer à poil.
« Las Cazuelas » flirte avec l'electro jazz, « Bosaxi » joue sur la sensualité avec des murmures féminins rien moins qu'envoûtants, « Adios Ayer » a des allures de vrai-faux tube, à moins que les publicitaires aient raté cette parfaite illustration d'un spot pour cabriolet de luxe (ou café, ou parfum). « Lontano » fait un bien étrange boléro drum & bass, « Navigator Part 2 » enfonce le clou d'une ambiance d'electro parfumé aux castagnettes.
Marque de fabrique de José Padilla, « Niña » et sa guitare flamenca est un morceau qui donne envie de conter fleurette à une belle cachée derrière son éventail. Le peu de succès de l’exercice a contraint José Padilla a revenir à ses premières amours et à reprendre le chemin des compilations. Sans être exceptionnel, Navigator laisse un doux parfum et un petit regret devant ce manque de persévérance.
François Alvarez - Copyright 2012 Music Story