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Éric Laurrent sait écrire, c'est un fait incontestable. Ses portraits sont de petits joyaux ; son récit s'inscrit dans la digne lignée de ses pères (Claude Simon ou Robbe-Grillet pour la phrase et la préciosité) ou de ses contemporains (Tanguy Viel pour le thème : un roman proche du cinéma).
Ne pas toucher est en effet un texte quasi hollywoodien. Le personnage central est d'emblée mis en scène une arme à la main. Un escroc lui épargne la mort et l'engage. Suit une vie de malfrats et la rencontre, attendue, d'une femme aux allures de Claudia Schieffer. L'un épousera la Vénus tandis que l'autre en tombera amoureux. Il faudra donc qu'il y ait mort d'homme.
Longtemps – sans doute trop –, le récit s'en tient à ce niveau de lecture. Il faut attendre la fin pour que le roman sorte du cliché. Là, ce que l'on vient de lire s'écroule : il n'est plus question de polar mais d'amour où toute évocation de chair, de sueur et de sperme n'a jamais été forme de style. Un homme mourra d'amour. C'est tout. Et c'est beau. --Isabelle Magnien
Présentation de l'éditeur
Placé en garde à vue au lendemain même de son mariage, Oscar Lux charge son homme de confiance, Clovis Baccara, de veiller sur son épouse Véronica. Dans la suite nuptiale d'un palace situé sur les hauteurs de Los Angeles, tous deux vont donc attendre sa libération. Or, une garde à vue étant reconductible, la venue d'Oscar tarde. Et plus les jours passent, plus il semblerait que Clovis Baccara peine à observer la règle qu'il s'est fixée : surtout ne pas regarder la jeune femme, la toucher encore moins.
L'auteur vu par l'éditeur
Eric Laurrent est né en 1966 à Clermont-Ferrand. Il a fait paraître aux Editions de Minuit : "Coup de foudre" (1995), Prix Fénéon 1995, "Les atomiques" (1996) "Liquider" (1997), "Remue-ménage" (1999), "Dehors" (2000), "Ne pas toucher" (2002).