Voici la note publiée par L. Allemand, Dossiers de la Recherche n°24, 2006 : « Il est souvent préférable de ne pas parler des mauvais livres. Toutefois, celui-ci étant le seul publié en français cette année sur le sujet de Neandertal, de nombreux lecteurs pourraient être tentés de l'acheter. Ils seraient déçus. Le projet était pourtant engageant : proposer une synthèse grand public sur notre plus proche parent disparu. En outre, l'auteur connaît bien les comportements de Neandertal : c'est son sujet d'étude depuis de nombreuses années. Enfin, elle a le souci de montrer, en accord avec la majorité des travaux actuels, que « Neanderthal était différent de nous, mais il était notre égal, le représentant d'une autre humanité »."
"Malheureusement, la réalisation n'est pas à la hauteur. Les hypothèses ne sont pas toujours bien distinguées des faits avérés. Ainsi lit-on que les premiers hominidés qui vivaient en Afrique «étaient poilus des chevilles et des poignets jusqu'au sommet du crâne » : étant donné que l'on a jamais retrouvé la peau d'hominidé fossile, le conditionnel aurait été le bienvenu. Mais surtout, dès que l'auteur traite d'anthropologie et de cognition, elle accumule les à-peu-près et les naïvetés. Ainsi le totémisme serait un fait avéré (p.152), alors que nous savons depuis au moins Le Totémisme aujourd'hui de Claude Lévi-Strauss qu'il ne s'agit que d'une chimère académique fabriquée de toutes pièces par les premiers ethnologues. On apprend aussi que Neanderthal n'a pas survécu parce que « psychologiquement, [il] n'a pas su s'adapter aux nouvelles circonstances ambiantes » (p.10) ou encore, fin du fin, que le statut « emblématique » de l'ours dans de nombreuses sociétés ne fait pas de doute « comme ne témoigne l'affection que nos enfants portent à sa représentation, la peluche » (p.156). ». En résumé, un livre à éviter absolument.