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Tricky fait partie de ces artistes qui refusent de stagner. Entre chaque disque du Kid de Bristol, les évolutions sont énormes. Mais même au sein d'une discographie aussi diversifiée,
Nearly God est un OVNI. Et pour cause. Sorti entre
Maxinquaye et
Pre-Millenium Tension,
Nearly God n'est pas vraiment un album de Tricky, mais plutôt un side project du "roi du trip-hop".
À la fois intimiste, sombre, chaotique et intense, il s'agit très certainement du plus beau disque de Tricky, voire du trip-hop en général. Dès le premier morceau, "Tattoo", la voix éraillée du Kid emporte et plonge l'auditeur dans une mélopée angoissée et déchirante. Mais, au-delà de la beauté des chansons, la particularité de "Nearly God" se trouve dans ses participations. Bjork, Terry Hall ou encore Neneh Cherry sont au programme de ce disque. Et le résultat est à la hauteur des attentes avec de tels participants. Un disque essentiel, en forme de quintessence du trip-hop.
--Romaric Bullier
Critique
Adepte de la provocation et cultivant l’art du contre-pied, Tricky choisit de se dissimuler pour son deuxième album derrière le pseudonyme Nearly God. Présenté comme un projet collectif plus que comme une œuvre personnelle, l’album éponyme
Nearly God regroupe les collaborations de Tricky et Martina avec plusieurs artistes, parmi lesquels Björk, Neneh Cherry, son idole d’enfance Terry Hall, ancien chanteur des Specials, Alison Moyet, l’ex chanteuse du groupe de synth-pop Yazoo, ou encore Cath Coffey, des Stereo MC’s. Plus sombre que son prédécesseur
Maxinquaye, Nearly God débute par une reprise glaçante de
« Tattoo » de Siouxsie & The Banshees. Le climat oppressant et lourd de cette chanson se retrouve dans pratiquement l’ensemble des morceaux, ne se dissipant qu’en de rares occasions pour laisser place à des ambiances teintées de mélancolie. On l’aura compris, Nearly God n’est pas à proprement parler un album festif, à l’exception de
« Together Now », duo avec Neneh Cherry dont la légèreté pop contraste avec le reste. Présentée comme l’invitée vedette de l’album, Björk reste finalement assez décevante.
« Poems », complainte langoureuse chantée à trois voix avec Martina et Terry Hall, est sans conteste le morceau le plus réussi de
Nearly God avec
« I Be The Prophet » et
« Black Coffee ».
Thomas Henry - Copyright 2012 Music Story