Après les énormes succès de « Frogstomp » et de « Freak show », les Australiens de Silverchair, alors âgés de 19 ans, revenaient sur le devant de la scène avec un « Neon ballroom » commençant gentiment à les éloigner de la collante étiquette « post-grunge feu de paille » de leurs débuts. Si cet album n'a pas toujours été le favori de la presse, il représente cependant pour moi, ce que le groupe a (pour l'instant, et je doute qu'il fasse mieux par le futur...) proposé de meilleur. En mettant la pédale douce sur les des chansons et en y intégrant violons, contrebasses, pianos et harpes, le groupe passait en quelques sortes dans une autre catégorie, celle des véritables artistes, celle des véritables créateurs. Si certains titres sentent bon le Pixies, le Korn ou le Nirvana, les influences en sont totalement digérées au service d'une musique personnelle et novatrice, quelque part entre le rock, la pop et les explosions musclées du gros son Californien. Le meilleur des exemples en est certainement ce titre d'ouverture, « Emotion sickness », véritable perle de l'album, farandole de cordes, de piano et de guitares moulée en une entité compacte et cohérente. Rares sont les albums aussi symptomatiques d'une étape de la vie, quelque part entre la candeur de l'adolescence et la désillusion de l'âge adulte. Il se dégage quelque chose de particulier de cet album... sans doute le talent.