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Reviewed by Siri Hustvedt
In Joseph O'Neill's third novel, Netherland, there are two great love objects: the city of New York and the game of cricket. Hans van den Broek, the novel's Dutch narrator, seeks solace in both the place and the sport after September 11, 2001, when he finds himself adrift in the city. We know he watched the destruction on television in the midtown office where he works, that the trauma that followed is the ostensible reason for his foundering marriage, and that the catastrophe forced him, his wife, Rachel, and young son, Jake, out of their Tribeca loft and into the Hotel Chelsea. When Rachel leaves for London with Jake, Hans slides into a state of depressed alienation, which is relieved, in part, by playing cricket in the city's outer boroughs with like-minded comrades from the West Indies and Asia.
On one of these excursions, Hans meets a Trinidadian named Chuck Ramkissoon. This hyper-articulate, bamboozling entrepreneur with a grand dream of building an American cricket arena holds a steady if rather vague fascination for Hans, and the two fall into an unlikely friendship.
From early in the novel, we know that Hans is reunited with his wife and son in London and that Ramkissoon's body has been fished out of the Gowanus Canal in Brooklyn. Netherland doesn't turn on plot. In both form and content, it questions the idea that a life can be told as a coherent story. It is organized not chronologically but as a series of memories linked by associations. For example, Hans remembers a day during his last cricket-playing summer in the city:
"This time Chuck drove. It was a fine day. The East River from the Brooklyn Bridge was a pure stroke of blue.
"I thought of my mother, whom I thought of whenever I crossed that bridge.
"Two weeks after Jake was born, she made her first and last visit to America."
Hans goes on to recall bicycling with his mother to Brooklyn, a memory that summons his boyhood in The Hague delivering papers, his mother filling in for him on the route and meeting her "gentleman friend," Jeroen, which then evokes an encounter with Jeroen after his mother's cremation, upon which Hans returns to Chuck, who is still at the wheel and headed for Green-Wood Cemetery.
Through the voices of his characters, O'Neill articulates the problem of a narrative self. Is there really a unified self that moves through time or are we fragmented beings yoked together by a story we tell ourselves? "Some people have no difficulty in identifying with their younger incarnations," says Hans. "I, however, seem given to self-estrangement. I find it hard to muster oneness with those former selves whose accidents and endeavors have shaped who I am now." Rachel, on the other hand, questions "the whole story" of her marriage to Hans. And Eliza, Chuck's mistress, who makes a living putting photographs in order for clients, explains her job with the sentence, "People want a story." But even after the rift with his wife has been repaired, the hero confesses, "Rachel saw our reunion as a continuation. I felt differently: that she and I had gone our separate ways and subsequently had fallen for third parties to whom, fortuitously, we were already married."
The rendering of the narrator's domestic problems and their happy resolution is far less compelling than the intensely observed descriptions of the "nether regions" of the boroughs and the cricket played in them by immigrants. On the field Hans discovers a "continuum of heat and greenness." After the massive destruction of 9/11, the game and its repetitions bring him a sense of order and justice. Cricket, after all, is the same game he played in his childhood as his mother sat and watched him. It has the same rules and the same equipment, and he is playing it in a wounded, but still spectacular New York, a place upon which O'Neill lavishes his narrator's most intense memories and his own elegant prose. It is spring in Chelsea, and Hans, like the city, is stirring to life:
"The blind people were now ubiquitous. Muscular gay strollers were abroad in numbers, and the women of New York, saluting taxis in the middle of the street, reacquired their air of intelligent libidinousness. Vagrants were free to leave their shelters and, tugging shopping trolleys loaded with junk -- including, in the case of one symbolically minded old boy, a battered door -- to camp out on warmed concrete."
At times, the novel's exacting descriptions felt less like a man's memory than a tour of his consciousness, and I wondered why a particular scene merited such detail, but Hans is a person who has lost his bearings after a shock and his myriad perceptions bear the stamp of this estrangement. Always sensitive and intelligent, Netherland tells the fragmented story of a man in exile -- from home, family and, most poignantly, from himself.
Copyright 2008, The Washington Post. All Rights Reserved.
--Ce texte fait référence à l'édition
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Netherland ou la littérature américaine ordinaire,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Netherland (Broché)
Au Masque et la plume, Jérôme Garcin avait dit le plus grand bien du roman Netherland de Joseph O'Neill, accueilli d'autant plus favorablement chez nous que Barack Obama en fit la promotion (« It's fascinating, a wonderful book »). Il est vrai que la politique de Georges Bush (« sous l'influence du mouvement évangélique chrétien », conduisant le pays à « s'exempter des règles mêmes du comportement civilisé, légaliste et rationnel qu'il cherchait à imposer de force aux autres») y est sévèrement critiquée sur trois ou quatre pages par l'épouse (intello) du narrateur, qui lui-même va jusqu'à dénoncer quelque part « la nullité américaine ordinaire ».
L'essentiel du roman porte sur le désinvestissement progressif de la sphère professionnelle par l'analyste financier Hans van den Broek (un Hollandais spécialiste des hydrocarbures), au profit de la relation d'amitié qu'il noue avec un certain Chuck Ramkissoon, qui l'entraîne dans sa passion pour le cricket. Une succession rapide de situations donne le tempo du livre, composé d'une multitude de séquences brèves, d'au maximum trois pages, et le plus souvent d'environ une page et demie, sinon moins, très habilement cousues ensemble. Ainsi peut-on, par exemple, dénombrer pas moins d'une vingtaine de changements de situation entre les pages 237 et 261. Nous sautons d'un endroit à l'autre et d'une époque à l'autre, dans une sorte de zapping qui nous mène tantôt en Hollande et tantôt dans Manhattan, parfois à Londres et le plus souvent dans Brooklyn, ou encore dans l'Arkansas, et jusqu' en Inde ou à Trinidad, suivant le narrateur dans son évolution, avant la séparation de sa femme, pendant la séparation d'avec Rachel, après la séparation, et pour finir - happy end - dans leurs retrouvailles, la constellation familiale étant complétée par la mère du narrateur (meurt d'une attaque, crémation expédiée page 106), et secondairement par l'ami transitoire de celle-ci, ou par Jake, le jeune fils de Rachel et de Hans. Soucieux de ne pas laisser le lecteur s'ennuyer, et de le divertir, en restant drôle, ou même cocasse, l'auteur cherche également à le nourrir d'un luxe de détails (« il conduisait une Cadillac 1996 »), ne craignant pas d'aller jusqu'à une succession d'inventaires (noms de rues, de quartiers, de personnes, objets), avec parfois un effet catalogue (souvenir de promenades en vélo, aux Pays-Bas, « ...avec mon sac rouge Gray-Nicolls posé entre les poignées de mon guidon, et un pull en lambswool noué sur mes épaules. Polos Lacoste, pulls en V aux couleurs vives, solides chaussures de marche, chaussettes Burlington à losange et pantalons de velours »). Enclin à des analyses subtiles et capable de véritables moments de poésie (un des points forts du livre, qui ne peut que toucher tous les amoureux de New York,, c'est l'évocation de la grande métropole américaine), l'auteur recherche pour compenser, et sans doute pour répondre aux attentes du marché américain, un fort ancrage dans le réel (« Je me brossai les dents, me mis en caleçon, et éteignis la lumière »). Parfois jusqu'au trivial (« Nous avons tous les deux regardé le chien. Il paraissait très amical. Sa queue tremblante était en permanence dressée à la verticale, exposant un trou du cul rose pâle. » Présenté par certains critiques comme un bel exemple de ce que peut donner l'intégration à l'américaine (ce qui ne saute pas aux yeux), et bien sûr comme un roman sur le cricket (ce qu'il n'est qu'en partie), Netherland de Joseph O'Neil est aussi l'histoire d'une relation entre un Européen et l'Amérique, et entre un homme et une femme. Presque parfaitement traduit (on relève à un endroit le mot directions là où on attendrait plutôt indications ou directives, et ailleurs un « se murger » un peu décoiffant), c'est un travail intelligent et soigneusement réalisé, qui laissera cependant le souvenir d'une agréable « lecture » plus que d'un impérissable chef d'œuvre, avec une nette propension au catalogue et au zapping (comme la littérature américaine ordinaire). Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
sentiments mitigés...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Netherland (Broché)
Je ne connaissais pas cet auteur dont c'est le troisième roman, et son premier traduit en français. Netherland pour Nederland ? Jeux de mot ? L'Amérique, l'Europe, l'occident, ce serait en gros "les pays bas", nations morbides avec leur médiocrité et leur paralysie... (?). Surtout après le traumatisme du 11 septembre...
Le narrateur s'appelle Hans van den Broek, il est hollandais et travaille à la City de Londres pour une grosse banque et dès le début du roman, on apprend qu'il est muté à New-York. Il s'y rend en délaissant provisoirement sa femme et son gosse qui, eux, restent à Londres. Dans la grande ville cosmopolite, il fait la connaissance de Chuck Ramkissoon, un gars des îles Trinidad qui va l'initier au cricket. Le sport va lui faire oublier ses doutes et ses angoisses. Parce que mine de rien, ce sport, le cricket, rassemble la faune la plus hétéroclite et la plus intéressante de New-York avec ses immigrés asiatiques et antillais. Il est quasiment le seul blanc du groupe. Bref, un sport intelligent qui vous apprend la tolérance, la réflexion et vous invite à la tempérance... Bon, pourquoi pas. Au début, le roman désoriente : les phrases sont d'une longueur assez impressionnante. Le vocabulaire et les chausses-trappes entre une période et une autre (en gros entre 2001 et 2006) sont très nombreux. On est littéralement dans le cerveau du narrateur. Le type, on peut le comprendre, est paumé dans ce monde qu'il ne comprend plus. Non sans humour, néanmoins, il passe du coq à l'âne sans le moindre scrupule. Tant pis pour le lecteur. Celui-ci doit donc être hyper attentif. Plus difficile encore, Joseph O'Neill ne raconte pas vraiment "une histoire", mais livre un roman composé de souvenirs et de sensations fragmentées. Ce qui donne une impression de fourre-tout. A la rigueur, là n'est pas le problème. L'histoire est très bien écrite, et le style est assez plaisant. Mais c'est plutôt les personnages qui manquent de consistance. Et là, je me pose des questions : qu'a voulu montrer l'auteur, quelle a été son intention ? Parce que cette histoire de séparation, de désintégration de couple mixte (le narrateur est hollandais, sa femme est anglaise) ne m'a pas convaincu. C'était peut-être le but... La critique du monde occidental est parfois subtile, mais plutôt molle. Quant au cricket, ce n'est qu'un alibi, un prétexte. Pas besoin d'être connaisseur. Des sauts interminables donc, comme pour signifier le vide et la fragmentation de ceux qui sont au sommet de l'échelle sociale. Bref, les riches en bavent aussi... Hum... Mais est-ce que tout ça (près de 300 pages) valait-il la peine d'être écrit? Les va-et-viens entre New-York et Londres, sensés, du moins je suppose, représenter la fragilité, la fragmentation du travail et de la vie, sont pénibles à la longue. Le problème, c'est que le narrateur (autrement dit le personnage principal) s'en accommode très bien. Il ne ressent rien, aucune critique du monde du travail. J'ai perçu ce roman comme un représentation des "riches", basculés eux aussi d'un endroit à l'autre, sans état d'âme. La réalité des choses leur semble abstraite. A relire peut-être, un jour. PS : Je viens d'apprendre que ce roman avait été récompensé par le PEN/Faulkner Award... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Trop de Cricket!,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Netherland (Broché)
J'ai trouvé ce livre très décousu, je n'ai pas compris le propos de l'auteur si ce n'est de nous faire partager sa passion pour le cricket, un jeu trop anglais auquel je n'ai jamais rien compris, et ce livre ne m'a pas donné de clé.
Le personnage de Chuck devrait être intéressant par son ambiguïté, mais on le perd sans arrêt dans les détails sans fin de l'écriture. Je n'ai pas compris la référence à Gatsby Le Magnifique faite sur la quatrième de couverture. J'aime beaucoup Fitzgerald. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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