Quand Bernard Sumner et Peter Hook décident de dissoudre New Order en 2006, c’est, entre Joy Division et New Order, trente ans de rock anglais qui rentrent dans les annales. Mais Bernard Sumner décide alors d’en découdre avec le temps qui passe, et forme Bad Lieutenant, un « super groupe » réunissant les anciens membres de New Order (excepté Peter Hook, parti rejoindre une autre formation, Freebass) et Alex James, le bassiste de Blur.
Si le nom de ce nouveau groupe fait directement référence au « glauquissime » film homonyme d’Abel Ferrara, l’hommage s’en tient au titre seulement. Sur ce
Never Cry Another Tear, il n’est pas question de personnages torturés tentés par la rédemption, mais seulement de continuer à faire ce que Bernard Sumner a toujours su faire à merveille : des chansons pop gonflées au rock, teintées d’un esprit new wave décidemment immortel. Ainsi,
« Sink or Swim » (premier single) ouvre l’album dans la plus pure tradition New Order, et les trois guitares se juxtaposent pour livrer des harmonies brillantes. Puis
« Twist of Fate », titre post new wave à la sauce indé, fait ressortir les effluves persistantes de l’album
Republic avec classe, force et nervosité tandis que
« Summer Days of Holiday » convoque aussi bien Morrissey que les Happy Mondays dans une forme de clin d’œil au rock anglais des années 80.
Malgré quelques passages plus dispensables (l’ennuyeux
« Runaway », le trop facile
« Shine Like The Sun »),
Never Cry Another Tear est un bon cru issu de la cave New Order, étiqueté Bad lieutenant pour lui redonner un coup de jeune. Tout ça, finalement, pour enfoncer le clou d’une certitude : c’est bien des plus vieilles caves que l’on ressort les meilleures bouteilles. Dans son défi lancé au temps qui passe, Bernard Sumner et ses acolytes ressortent vainqueurs. Par KO.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2013 Music Story