Ce livre me laisse une curieuse impression mitigée.
Sa lecture a été aisée et agréable, mais certainement pas mémorable.
L'histoire en elle-même est peu complexe, elle se résume aux aventures d'un jeune homme incertain jeté brutalement dans un monde parallèle, en l'occurrence les souterrains londoniens (métro, égouts), une quête à contrecœur avec beaucoup de mauvaises rencontres, le tout assorti d'une jeune fille en détresse (heureusement plutôt dégourdie !).
Sans rien pouvoir pointer du doigt, j'ai gardé en permanence un sentiment de déjà vu, comme si je lisais un conte classique revisité. Les personnages sont bien campés, mais sans surprise. L'intrigue, quoique passionnante, reste peu intrigante : à part un petit jeu de suspens à la Agatha Christie avant de découvrir le méchant, pas beaucoup de mystères, et une fin prévisible dès les premières pages.
L'histoire est bien un conte, à la fois par son ambiance, ses personnages et ses monstres, mais aussi par sa brièveté. La longueur du texte est pour une bonne partie liée à la succession de tableaux, très évocateurs et à l'ambiance superbe, c'est vrai, mais qui ne m'ont pas enthousiasmée. Je ne suis sans doute pas bon juge en la matière ; par exemple j'ai toujours détesté l'histoire d'Alice au pays des merveilles (des horreurs, plutôt) que j'ai toujours trouvé affreusement angoissante.
Je suis également passée à côté de l'humour de l'auteur. Je l'ai bien vu, il ne m'a pas agacée, mais pas fait sourire non plus, à l'exception tout de même des deux affreux Messieurs Croup et Vandemar, dont la méchanceté pure alliée à de pompeux propos, ainsi que leur propension à manger n'importe quoi de vivant, m'a beaucoup plu. (Bon, j'ai bien aimé aussi les rats).
C'est en réalité un livre irréprochable (d'où mes 4 étoiles), et je comprends qu'il ait charmé de si nombreux lecteurs. J'ai éprouvé ce même sentiment de distance lors de ma lecture de L'Etrange vie de Nobody Owens, du même auteur. Ça doit être une question d'affinités, ou d'atomes crochus, ou de molécules aggripantes...