Ce disque est certainement l'un des plus influents de la scène rock du début des 70s. Poussant à l'extrême les clichés crades du courant "stonesien" de la période Let It Bleed/Exile On Main Street, cet enregistrement va littéralement être à l'origine du mouvement punk américain, inauguré par les Ramones dès 74 au CBGB de New York. Plus "trash" que véritablement "glam", il est avec Fun House des Stooges l'une des bibles musicales qui va aussi conduire toute une génération de jeunes britanniques à se lancer dans une musique primaire et provoquante, qui secouera la fin de la décennie et changera à jamais la face du rock.
Non, ce disque n'a rien à voir avec du hard-rock, même si le look des Dolls a très certainement incité les Kiss à jouer avec le maquillage de leurs frangines. C'est un manifeste de rock adolescent, mal maîtrisé, mais bouillonnant de testostérone. Une sorte de cri ultime, adressé par une génération paumée à une société qui s'effondre dans les miasmes du Vietnam et la faillite des valeurs hippies.
Rageuse, exhubérante et totalement dénuée du moindre bon goût, cette musique élémentaire a prouvé - dans la tradition des garage bands des 60s - qu'on pouvait s'amuser comme des fous même si on ne savait jouer que trois riffs sur une guitare désaccordée et si on chantait comme un chat en rut.
De « Personnality Crisis » à « Frankenstein », en passant par « Jetboy », voilà un recueil de morceaux passionnants, et souvent mal fichus, qui n'a pas pris une ride en 35 ans. Du rock "fun" et énergétique, crasseux comme un peep show sur Bowery, tonique comme une baston entre gangs du Queens. Rock'n'roll, vous dis-je!