Critique
On imagine que beaucoup, après le triomphe de
Talking Timbuktu (un Grammy Award en 1994) aurait épuisé la bête jusqu’à plus soif. Ali Farka Touré, quant à lui, est reparti à la maison, à Niafunké, pour tenter d’irriguer des terrains et de faire pousser du riz.
C’est simplement après plusieurs années de silence qu’il revient, dans une économie de moyens revendiquée.
Niafunké a donc été enregistré dans la ville d’adoption du chanteur, grâce à un petit studio mobile, installé dans une chambre d’hôtel. Les stars occidentales n’ont pas quitté leur
penthouse et Ali Farka Touré a simplement choisi des musiciens de son cru, c'est-à-dire les meilleurs d’Afrique de l’Ouest, avec une mention particulière pour les chœurs, essentiels dans l’art de pyrotechnie vocale cher au Malien. Qui, par ailleurs, fait à peu près tout (guitare, violon, percussions et un chant impérieux), dans un album fascinant, austère et âpre.
L’Africain en profite également pour rappeler qui est le souverain mondial du country blues, du chant de griot et du picking : les Américains apprécieront.
A noter quelques très beaux clichés poussiéreux de Christien Jaspars.
Niafunké atteint la quatorzième position des classements de ventes d’album de musique du monde.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
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