Critique
On a très vite su que cette aimable plaisanterie des baby rockers que d’aucuns vendirent avec l’apparence de la conviction n’était qu’un pet sur une toile cirée, dont effectivement, le temps de quelques mois, on ne releva des décombres qu’un seul et unique groupe qui depuis mène carrière en séduisant les petites adolescentes de la
middle class.
Le quatuor parisien, héritier direct d’un rock new wave crypto sixties des années 80 (Blessed Virgins, Fanatics et consorts) a pour lui une candeur qui semble chevillée au corps, mais ce combo sans éclat n’avait d’autre argument que quelques intuitions pop de bon aloi et un savoir-faire qui se bonifie avec le temps. Sur ce live, capté entre Olympia, Alhambra et Printemps de Bourges, et enregistré avec un soin et une qualité de son qui laissent supposer un réel travail post productif, les pretty boys revisitent avec légèreté « La Valse à mille temps » de Brel, ou s’appuient sur un piano bastringue pour un « Cul et chemise » canaille et inédit, adaptation honnête du « Alright » de Supergrass.
Cette petite trentaine de titres enlevés revisite leur répertoire de façon exhaustive, avec les hits qui suscitent l’émoi d’un public acquis, et les exercices plus obscurs, qui sont tout autant encensés par une armada de péronnelles qui savent tout cela par cœur pour l’avoir si souvent écouté en version studio sous le regard bienveillant du gang en poster sur les murs de la chambre. Les guitares sont rudimentaires mais volontaires, le chant (très en avant) pas toujours juste, ni le phrasé idéal, qui abuse des fins de phrases baveuses, mais l’énergie compense et fait la farce.
Le tout, sur la longueur, est un peu étouffe-chrétien si l’on n’est pas aficionado déclaré du groupe parisien. Ceux qui sont à même de remplir cette case sur leur fiche d’état civil se vautreront sans vergogne dans ces témoignages sincères d’une passion contemporaine qui s’inscrit dans la ligne de la grande histoire du rock’n’roll, qui fait fi des potentielles remarques sur la qualité intrinsèque des artistes. BB Brunes rocke, rolle et soulève son public à grands coups de riffs boutoirs, et d’hymnes symbiotiques. Qui pourrait leur en faire reproche ?
Jean-Eric Perrin - Copyright 2012 Music Story
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