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DROIT DANS LE MUR, 3 novembre 2008
Frères d'intox plutôt que duo complice, mentalement pollués depuis plusieurs mois par des doses massives de stupéfiants, le couple Tyler/Perry n'est plus que l'ombre de lui-même. Alors même que l'enthousiasme n'y est plus, que le groupe menace d'imploser suite aux turpitudes de nos Toxics Twins, sort Night In The Ruts. Si l'album précèdent semblait avoir été enregistré en apesanteur, c'est avec étonnement que celui-ci se révèle sous une production sans faille. Sans faille, mais avec cette significative baisse d'inspiration qui, d'un groupe majeur, transforme l'Aero en simple bon groupe de rock'n'roll. Même s'il s'agit de la fin d'un règne, que le contexte se veut maussade, certains titres s'en tirent plutôt bien et font révérence de toute leur classe. Highway To Hell pour certains, Unleashed In The East pour d'autres, si 1979 semble sourire aux valeurs sûres, chez les Dupont Volants le blues se cultive à longueur de seringue. En fait, Aerosmith est un bateau qui coule, mais avec la manière. Et c'est l'inattendu No Surprize, campé sur ses grands chevaux, qui vient nous rappeler que toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé n'est pas totalement fortuite. Alors qu'une page se tourne, comme s'il fallait encore se convaincre que la crise de manque ne sera que passagère, Chiquita sublime l'instant et fait résistance de tous bords. Sans doute le meilleur titre de l'album, ce morceau livre ses guitares en chute libre sur les jaillissements vocaux d'un Steven Tyler qui refuse l'évidence. Héroïque. Exclusivement co-signé par le tandem suicidaire, ce divorce que l'on voudrait nous faire croire à l'amiable ne sombre pourtant jamais dans le pathétique. Pêle-mêle, c'est dans la confusion la plus totale que se jouxtent reprises blues, rock mid tempo et bottleneck dans le style bluegrass sur un Cheese Cake en odeur de sainteté. Marqué par un point final désespéré, Mia, ce disque, dont on se dispensera d'évoquer ici la douteuse originalité de titre, est le dernier trait d'union pouvant exister entre un passé glorieux et une perte de repères qui n'aura de cesse d'alimenter la chronique durant plusieurs années. Avec Night In The Ruts, Aerosmith produit là encore un album de qualité tout en faisant hémorragie d'émotions.
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4.0 étoiles sur 5
Droit dans les c....., 30 octobre 2010
Si vous possèdez encore l'album vinyl, sur le recto vous verrez le titre inscrit à la peinture blanche, le N de NIGHT est barré et remplacé par un R et Tom Hamilton a le pied sur le N de NUTS. Mais une "Nuit dans la Mine" est plus politiquement correct que "Droit dans les Noix". Cet album est le mal aimé d'Aerosmith parce que le sieur Joe Perry nous a fait sa diva et quitta le groupe en plein enregistrement (bonjour le professionalisme !) et du être remplacé au pied levé par Jimmy Crespo. Quand bien même, ce disque permet de réentendre Monsieur Brad Whitford, dont le caractère introverti eu pour conséquence qu'il se fit bouffer par Perry et on a un peu tendance à oublier que dans les débuts du Smith c'est LUI qui assurait les meilleurs chorus alors que Perry se contentait de mettre des pains sur sa Les Paul. Alors même si cet album n'est ni "Rocks" ni "Toys in the Attic", si la production de Gary Lyons parait bien sage à coté du bouillonnant Jack Douglas ce disque est UN BON DISQUE d'Aerosmith, en tout cas à mon avis meilleur que tout ce qu'ils ont fait depuis le retour de Perry, "Done With Mirrors" et "Pump" mis à part.* Que voulez vous reprocher à l'applatissant "No Surprize", au stonien "Chiquita", aux intros de slide de "Three Mile Smile" au très mélancolique "Reefer Head Woman" et à la cataclysmique reprise des Yardbirds "Think About It" ? La production permet même de sentir un peu mieux le travail de Joey Kramer, qui sur ce disque se permet des fantaisies et de Tom Hamilton, qui même s'il joue souvent au médiator, se révèle un bassiste souple et aérien. Quant aux guitares, assurées à 80% par Brad Whitford, elles sont moins sauvages, moins rugueuses mais peut être plus subtiles. Si Beck était le maitre de Perry (il aurait parait il porté ses guitares) Whitford se rapproche plus d'un Page ou d'un Ronnie Montrose, son style moins éruptif que Perry ne manque pas d'allant. Quant à Tyler, il est égal à lui même, un peu moins dans le suraigu, cela lui repose des cordes vocales, déjà que sa cloison nasale... enfin bref. Un disque à part chez Aerosmith mais pas un mauvais disque.
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CHRONIQUE DE PASCAL RIGAULT MAGAZINE METAL ATTACK, 7 décembre 2010
CHRONIQUE DE PASCAL RIGAULT MAGAZINE METAL ATTACK JUIN 1984 N°9 AEROSMITHOLOGIE 7° Album 1979 33T Réf : CBS 83680 Ce disque a eu une naissance très difficile. D'abord, le groupe change de producteur : le courant ne passe plus très bien avec Douglas qui semble en avoir un peu marre d'Aerosmith. Alors on fait appel à Gary Lyons, producteur américain très réputé. Ensuite et surtout, rien ne va plus avec Joe Perry. Il travaille simultanément à ce disque, sur son propre album solo. Evidemment il a tendance à réserver son énergie et ses meilleurs idées pour lui. Il est parfois plusieurs jours sans venir en studio. Les égos deviennent irritables si bien qu'avant la fin de l'enregistrement de "Night in the ruts", il quitte le groupe. L'album paraît peu après, fin 1979, comme si rien ne s'était passé. Perry figure sur la pochette, tant pour les photos que pour les crédits. Pourtant, il ne semble pas qu'il joue sur tous les titres. C'est notamment un ami de Tyler, Richard Supa, qui finit les guitares. Supa avait déjà écrit "Chip away the stones" pour le groupe et co-écrit "Lightning strikes" avec Tyler. Jimmy Crespo tient la guitare sur "Three miles smiles". Or bizarrement, cet album, enregistré dans des conditions orageuses, est très bon ; enfin, très agréable à écouter, en tout cas. Les morceaux sont clairs, énergiques et fort bien exécutés. Le seul problème, c'est qu'on a du mal à reconnaître Aerosmith. Il y a une telle différence entre la production de Gary Lyons, très propre et très américaine, et celle de Douglas, plus touffue et plus vicieuse, plus heavy aussi que le son du groupe s'en trouve radicalement changé. On a ici un excellent album du rock américain plus qu'un vrai disque de hard. Il est en tout cas très bien accueilli par la critique. Mais évidemment les événements ont pesé lourd et le groupe disparaît dans l'ombre pour trois ans.
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