Dans un style d'écriture lourd et maladroit l'auteur nous livre une vision sans raffinement aucun de la vie de celle qui se rêva Diva noire de la musique classique et finit Grande Prêtresse de la musique Soul.
Si David Brun-Lambert nous permet grâce à une enquête assez fine de débrouiller des faits et gestes de l'artiste incomparable que fut Nina Simone, en revanche sa restitution littéraire est tellement brouillonne qu'il nous faut corriger sans cesse les dates assénées sans prudence, ni vérification scrupuleuse. Des anachronismes (la mention de Billie Holiday, morte en 1959, au détour d'une phrase relatant des faits de 1956, donne une très désagréable impression de préfiguration d'un destin sans aménité). Toutes ces erreurs et approximations empêchent de prendre au sérieux l'aspect historique de ce livre, alors que, le premier, David B.Lambert semble approcher la vérité en ce qui concerne la période d'études de Nina (encore Eunice Waymon) à la Julliard School de New York, où elle fut inscrite pour des cours d'été au début des années 1950 ; alors qu'elle a toujours affirmé avoir suivi 3 années de cours,les recoupements de dates laissent maintenant entrevoir vraisemblablement des cours d'été à New Yok en 1950,51 et 52, et devant ses échecs répétés au concours d'entrée au Curtis Institute de Philadelphie, elle renonça définitivement à une carrière de pianiste classique au début de l'été 1953(et non 1954-date de ses premiers enregistrements pirates), pour entamer une carrière de pianiste et chanteuse de cabaret sous le nom de Nina Simone (nom inspirée par Simone Signoret actrice très en vogue après son succès dans "Casque d'or", entre autres).
Mais tout cela n'est rien à côté de la vulgarité des faits que David B.Lambert a choisi de nous relater sur la fin de la vie de la grande artiste que fut Nina Simone. Cela va de paire avec les récits imaginaires des nuits tourmentées de Nina. David B-Lambert doit pratiquer le "revival" pour ainsi pénètrer dans le corps de la chanteuse qui, on le sait souffrit, malheureusement, toute sa vie, d'un tempérament schizoïde mal diagnostiqué et donc très mal soigné. Tempérament qui valut à Madame Nina Simone les pires déboires et les inimitiés les plus féroces (par delà sa mort même !), à en croire les ragots de caniveau que l'auteur de ce livre se croit autorisé à nous livrer. Oui certaines scènes(même si authentiques) n'ont réellement rien à faire dans un livre sur une artiste du talent de Nina Simone qui fut, ne l'oublions pas une militante courageuse pour les droits civiques des noirs aux Etats-Unis... ce que certains ne semblent pas lui avoir pardonnée, encore aujourd'hui.
La "trashitude" de certaines pages nous donne réellement envie de vomir au point que le livre nous tombe des mains et nous donne l'envie pressante de nous rasséréner en écoutant, encore et encore, la voix envoutante de la Diva magnifique que fut Nina Simone. Résultat sans doute inespéré par l'auteur...indélicat.