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34 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un tiercé gagnant (Spinosi, Lemieux, Jaroussky),
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nisi Dominus Rv 608 - Stabat Mater Rv 621 (CD)
Nous connaissions le "Stabat Mater" et le "Nisi Dominus" - œuvres phares de la musique sacrée de Vivaldi -, notamment dans l'excellente version de Christopher Hogwood, avec James Bowman. Voici donc celle de l'Ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi, avec Philippe Jaroussky (contreténor) et Marie-Nicole Lemieux (contralto). Il faut dire tout de suite que le résultat est à la hauteur de nos espérances, surtout qu'on peut y apprécier aussi le "Crucifixus" (où le duo Jaroussky-Lemieux fait merveille). On remarquera comment Spinosi et l'Ensemble Matheus sertissent les voix comme dans un écrin : plage 10 (le "Crucifixus" - justement) et plage 15 (extraite du "Stabat Mater"), par exemple. Voici donc encore une très bonne production de musique baroque de chez Naïve. Un seul regret : le CD ne dure qu'environ 42 minutes, ce qui est vraiment très peu... On aurait pu rajouter - par exemple - le "Salve Regina"... Mais, malgré cette petite réserve - somme toute -, ne boudons pas notre plaisir.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le miracle du prêtre roux encore une fois,
Par Jacques COULARDEAU "A soul doctor, so to say" (OLLIERGUES France) - Voir tous mes commentaires (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nisi Dominus Rv 608 - Stabat Mater Rv 621 (CD)
Ce Nisi Dominus est une banquet à lui tout seul. C'est un texte si petit, si insignifiant, que l'on se demande comment on peut en faire une musique si belle, si longue, si grande, si immense que le ciel ne peut même plus lui servir de limite. Et Philippe Jaroussky n'est pas le moindre argument de ce miracle de grandeur et de beautéCe psaume 126 est un mystère de beauté car il est construit comme une maison, pierre à pierre, ligne à ligne et l'on monte peu à peu la pyramide de la gloire de dieu dans le travail, de l'obélisque de dieu dans le combat. Il n'y a pas de vie sans travail ni combat. Combien ce message est oublié aujourd'hui dans les sociétés comblées et sur-satisfaites qui sont les nôtres. Il ya bien longtemps qu'on a perdu le goût du travail et le plaisir du combat. On se satisfait égoïstement du combat des matches de football ou de rugby à la télé et du travail sans nom et sans vie du fromage dans le frigo et du vin dans la cave. Mais sait-on encore prendre du plaisir à faire quelque chose que l'on n'a jamais fait et qui a une valeur sur le vaste marché anthropologique de l'humanité ? Sait-on encore se battre pour défendre un droit des autres ou une liberté de ses voisins, sait-on encore se battre contre un tyran ou contre une facilité car le bonheur n'est que dans la difficulté surmontée et vaincue. L'héritage du seigneur ce sont ses fils et quand un de ces fils est Philippe Jaroussky on se prend de rêver de je ne sais quel paradis où nous aimerions nous trouver tout de suite. Mais patience, mon frère, aujourd'hui c'est le plaisir de la voix, de la musique, du chant des anges et de la profondeur des psaumes, mais le paradis sera pour plus tard. La plage 5 est un hymne à la virilité et à la beauté de cette virilité quand elle sait être la tête de lance de l'avenir. La plage 8 est la beauté de la satisfaction trouvée dans l'appel satisfait de l'au-delà et de la voix d'un père qui envahit notre ciel et qui nous intime l'ordre que nous ne pouvons pas refuser de bien vouloir nous lever et marcher vers l'horizon qui n'est ni rouge ni couleur vosges mais qui est simplement l'horizon de l'avenir qui n'appartient qu'à nous non pas parce que le Seigneur nous l'a confié, mais parce que la vie, le cosmos nous l'ont à jamais infligé, imposé, incombé comme un devoir ni moral ni financier mais simplement humain. Amen !!! et cet amen là est un joyau sur une couronne, d'épines il est vrai. Ah... !!! le Crucifixus. Comment ne pas vouloir mourir sur cette croix quand elle nous apporte autant de bonheur ou de plaisir. Je cois que j'aimerais dédier ce Crucifixus à un certain nombre de Jérémiah que j'ai connu, que je connais, que j'ai aimé et que j'aime dans ce monde. Se plaindre de tant de force vitale dans la mort qui ne sait mener qu'à la résurrection. Combien j'aimerais mourir tous les jours de cette mort de revie, survie, dévie et autre tangente de la mort. Le Stabat Mater est un tel classique que l'on ne peut plus l'apprécier que si la voix ou la vigueur musicale sont renouvelée. Et c'est le cas dans les deux cas ici. Philippe Jaroussky sur ce Stabat Mater trop souvent chanté par des sopranos, est le seul à pouvoir descendre plus bas que le bas de cette voix altière qui ne sait pas condescendre si ce n'est pour nous offrir le plaisir sur un plat d'argent comme quelque tête de Jean Baptiste. Que l'on me comprenne bien, ce Stabat Mater dans son texte est un cri de douleur partagé entre la Vierge au pied de la crois et nous pleurant la perte de notre avenir dans la promesse d'un retour du futur par la souffrance présente. Mais ce Stabat Mater n'a pas la seconde partie égoïste et veule qui généralement transforme une douleur partagée en une demande expresse de bien vouloir faire l'entremetteuse avec son fils pour nos propres intérêts puisque nous avons accepté de souffrir un peu avec elle. Ici Vivaldi réduit les 21 strophes à 10 et ne nous donne que la douleur à partager et à porter avec la Vierge sans la moindre promesse de rédemption, intercession ou autre intérêt personnel égoïste. De tous les Stabat Mater c'est celui que je préfère. La musique peut rester dramatique, tragique et un hymne à la douleur de bout en bout. Philippe Jaroussky donne à cette pièce une force encore plus grande car il sait donner de la profondeur aux accents les plus graves et une rayonnante sincérité aux accents les plus élevés et aigus comme des sagaies. Il n'y a pas chez lui la moindre chute dans la recherche de la beauté pour la beauté mais la constante volonté d'en rester à la douleur pour la douleur car le bonheur est au fond de cette douleur même. C'est un des plus beaux Stabat Mater que je connaisse et c'est une des interprétations les plus lumineusement exaltantes que j'ai rencontrées, et dieu seul sait combien de fois j'ai entendu ce Stabat Mater dans les concerts te les festivals et combien de Stabat Mater j'ai entendu de douzaines d'autres compositeurs. Celui-ci avec Philippe Jaroussky n'a d'égal que celui que les anges du paradis ont chanté 33 ans après la naissance du Christ lorsqu'à la neuvième heure ce même Christ est mort et sa mère a su que sa souffrance pouvait encore croitre d'un cran par la perte. Dr Jacques COULARDEAU Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
18 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Petite déception,
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Nisi Dominus Rv 608 - Stabat Mater Rv 621 (CD)
Voici un CD dont le programme coulait de source depuis plusieurs années.Je suis un peu déçu. Marie-Nicole Lemieux a été plus intéressante et sa voie semble fatiguée, notamment sur les vocalises. Jaroussky est toujours aussi brillant. L'orchestre est certe sbon, mais manque quand même de corps et les écarts entre forte et piano sont trop élevés : le début du cum dederit, pourtant sublime, est quasi inaudible, sauf à mettre le son à fond, se payer le bruit de fond sur le moment et devoir baisser ensuite pour écouter les autres morceaux. D'ailleurs, dans le fond, ce qui gêne le plus, c'est l'utilité même de ce CD. Il fait double emploi puisque Naive publie aussi, à côté (mais le flou est entretenu) l'édition Vivaldi et que ces deux oeuvres ont déjà été publiées par Sara Mingardo accompagnée par Alessandrini, dans deux dissques magnifiques. la contralto italienne est plus à l'aise que Lemieux et plus soyeuse que Jaroussky. En plus, un CD de 42 minutes.... On aurait pu ajouter deux salve regina, un pour chacun des solistes.Bref une occasion manquée, même si le CD reste intéressant, il ne marquera pas à mon avis la discographie de façon définitive Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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