Lambchop, groupe de Nashville, emmené par Kurt Wagner, joue habituellement une country très personnelle, à l'opposé des clichés que véhicule ce genre souvent poussiéreux. Pourtant, sur ce sixième album (en comptant les minis), ses compositions évoluent nettement vers la soul, tendance déjà explorée dans le passé récent.
Les orchestrations sont magnifiques : de somptueux arrangements de cordes, des instruments à vent et des ch½urs parfois façon gospel enrobent les morceaux de suavité et leur confèrent profondeur et densité.
De nombreux morceaux sont la perfection-même : chaque note est juste et nécessaire, et toute note supplémentaire serait superflue.
Cet album est l'équilibre parfait entre swing et langueur.
La voix de Kurt Wagner, naturellement grave, est ici souvent utilisée dans les aiguës. Plane alors l'ombre de Curtis Mayfield dont Kurt Wagner est admiratif. D'ailleurs, Lambchop a repris "Give me your love" sur leur
album précédent, et ici "The book I haven't read" contient un extrait de "
Baby it's you".
L'album contient aussi un des plus beaux slows qui soient ("The book I haven't read" encore), avec déluge de cordes, romantisme planant et mélancolie prégnante.
Cet album représente à mes yeux le sommet de leur carrière.
Il constitue même un sommet dans l'absolu. Il fait partie des rares albums que j'écoute systématiquement empli de bien-être, le c½ur réchauffé avec un sourire quasi-permanent, comme si j'étais enveloppé d'une douce chaleur, d'une atmosphère apaisée délicatement parfumée par des effluves opiacées. Pas le plaisir parfois intense que peut procurer l'écoute de certains morceaux ou albums ; non, un plaisir plus profond qui apporte... du bonheur.
Il peut à lui seul vous sortir d'un état de déprime et de léthargie.
(Commentaire de Krik, posté sur amazon.fr le 12/11/10)