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En 1985, lorsque sort
No Jacket Required, Phil Collins a derrière lui une carrière solo couronnée de succès et une autre, au sein de Genesis, groupe qui l'a vu débuter comme batteur avant qu'il ne prenne la place de chanteur. Aux antipodes du rock progressif des débuts, Phil Collins livre un album ancré dans le style de son époque. Les synthétiseurs y ont la part belle ainsi qu'une section de cuivres bien fournie, qui s'en donne à coeur joie pour réchauffer l'atmosphère. Sur les ballades, telles que "One More Night", Collins sait faire vibrer la corde sensible, avant de se lâcher sur les chansons aux tempos plus enlevés. "Sussudio" ou "Don't Lose My Number" éclatent de tous les côtés : les percussions sont inventives et variées, les trompettes ponctuent le chant très soul de Phil et de ses choristes. Enfin, les nostalgiques seront touchés d'apprendre que deux autres héros des années 80, Peter Gabriel et Sting, s'invitent ici à pousser la chansonnette.
--Ruby Wednesday
Critique
Trois albums auront donc été nécessaires au chanteur et batteur de Genesis pour s’affranchir de son passé/passif progressif, et devenir l’incontestée attraction commerciale des années quatre-vingt.
Trois albums, et une section de cuivres entière, un semi-remorque de machinerie électronique, et un travail insensé sur la voix, qui, d’aimable réplique de celle de Peter Gabriel, sympathique mais limitée, est passée au statut d’organe immédiatement identifiable par les radios, donc par tous les publics. Il y a, dans les onze vignettes de
No Jacket… de jolis moments («
One More Night », bien évidemment), des instants plus obsolètes («
Sussudio »), et des fragments de grâce absolue (on pense au duo «
Long Long Way To Go », où Collins retrouve Sting).
Il y a de la fidélité, également, dans cette collection, avec la production toujours efficace de Hugh Padgham, ou la participation encore une fois amicale de Peter Gabriel. Mais il n’est pas moins évident que la perception artistique ne résiste que faiblement au bilan comptable :
No Jacket Required a occupé la première place des hit-parades à peu près partout dans le monde (et durant sept semaines aux États-Unis, encore).
Quant aux quatre singles qui en ont été extraits («
Take Me Home », «
Don’t Lose My Number », «
One More Night » et «
Sussudio ») ce furent tous des tubes. Ici, Phil Collins est devenu une star.
Avec l’anecdote qui inspire le titre de l’album (un restaurant de Chicago lui refuse son accès car il ne porte pas de veston, Collins fait, au cours d’interviews acides, à l’établissement une renommée mondiale, et le restaurant finit par s’excuser, affirmant que le musicien peut de nouveau le visiter, habillé comme il lui plaira), on peut même penser qu’il est devenu maître du monde.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story