Trois ans après son premier album (
Victim of Truth, qualifié par le
Sunday Times « d’aussi bon disque que
The Miseducation of Lauryn Hill »), Nneka poursuit son ascension musicale avec
No Longer at Ease sorti en avril 2008. De l’afro-beat au reggae en passant par le ragga, le hip-hop, la soul, le tout dans une ambiance africaine, le deuxième album de Nneka surprend par la diversité des genres musicaux abordés qui font de Nneka une artiste unique aux multiples facettes musicales.
En quinze chansons, l’artiste au rythme des pulsations musicales parvient à faire ressentir les conflits qui secouent son pays, comme la corruption endémique qui frappe sa contrée. Le nom de l’album traduit d’ailleurs le concept de la corruption politique en reprenant le titre d’un livre de Chinua Achebe qui conte le parcours d’un Européen d’origine nigériane, refusant de participer au système corrompu de son pays. Un héros auquel l’artiste s’identifie.
Entrée en matière tonitruante avec le morceau
« Death » dans lequel elle parle de sa propre mort au sens spirituel. Une introspection profonde suivie du single electro
« Heartbeat ». Les références au Nigéria demeurent omniprésentes dans les instrumentations (percussions de
« Running Away », balafon sur
« Gipsy », etc.). L’inertie du monde politique dans
« Suffri », le choix du chemin de l’exil dans
« Running way », la place du Nigeria au milieu des institutions financières avec le rock
« Focus » sont autant de thèmes véhiculés par cet album.
Tolérance, tranquillité d’esprit , amour universel : Nneka convie à une odyssée exploratrice de l’Afrique, car comme elle le chante elle même dans
« Gipsy » : « Nous sommes tous comme des Gitans, toujours à la recherche de quelque chose, toujours en transit ». Un album en forme de passerelle entre deux continents, l’Afrique et l’Europe, à travers des variations soul, reggae, electro, rock.
Chloé Chamouton - Copyright 2013 Music Story