et c'est celle d'Idriss -et c'est lui le narrateur- dans les années 70 et 80 qui commence dans un village proche de la frontière algérienne et dès la page 4 de ce conte/roman nous voilà averti : "(...)Je songeais à mes frères et cousins enfermés à l'école coranique. Ils devaient être entrain de réciter les sourates du coran et de recevoir les coups de bâtons de l'imam sadique. Ma mère me rappela à l'ordre. "Je ne veux pas te voir traîner avec les femmes. Tu deviens de plus en plus paresseux. Tu ne seras jamais un homme." Un homme ? Qu'est-ce qu'un homme ? Celui qui monte une femelle pour avoir une marmaille ? Non, ma mère, je n'aime pas coucher avec une femme. L'imam de l'école coranique m'a initié à autre chose. Il m'a initié à l'embrasser langoureusement et à sucer sa grosse verge lisse qui devient dure comme du marbre puis déverse dans ma petite bouche une semence onctueuse au goût sucré. Je me suis trop habitué à mes jeux avec le fquih pour apprécier le sexe d'une femelle en chaleur. Que Dieu me préserve de la fille de Satan. Que Dieu me préserve du Diable." ce roman de gestation où l'enfance tient le plus de place avec la haine du père surnommé "Le dictateur", la tendresse pour sa mère soumise esclave de la maisonnée, sa vie sexuelle -d'une chèvre, des hommes, une prostituée, un professeur amant adoré...- son amour mâtiné de répulsion pour son Maroc natal boursouflé d'injustices crasses... bref dans un style cru et incisif qui appelle un chat un chat on suit avec beaucoup d'attention le parcours chaotique de Idriss dont la force d'indignation, son besoin de liberté, sa haine implacable de son père, son amour de sa mère et de ses frères et soeurs maintient à flot et lui permet -plus ou moins- de s'en sortir, il étudiera en France, il devra se marier -une expérience complétement ratée-, et ce livre se termine sur la très émouvante lettre que Idriss écrit à sa petit soeur -de 14 ans sa cadette- où il lui dit tout et surtout sa douleur de n'être plus là pour la protéger. Je le conseille.